Hybrides rechargeables : les ventes explosent

Selon une étude allemande, les voitures thermiques hybrides rechargeables sont en plein boom depuis un an et enregistrent une hausse de 190%. Explications.

Hybrides rechargeables

Le malus écologique les aura imposées. Et l’interdiction programmée du diesel dans les villes, les a aidées. Alors que la plupart des grosses cylindrées sont aujourd’hui taxées, ou le seront bientôt, les consommateurs qui souhaitent acquérir un SUV compact ou une grande berline se tournent de plus en plus souvent vers la formule des hybrides rechargeables qui allient les avantages de la voiture électrique (permettant d’effectuer plus ou moins 50km en ville) et les avantages d’une thermique et sa grande autonomie. Ainsi, selon l’étude du cabinet allemand de l’Electronic Car Report, 418 000 hybrides rechargeables ont été vendues depuis le début 2010, ce qui représente pas moins de 4,7 des voitures vendues au total, soit une hausse de 190%. Cet engouement se produit au moment même où plusieurs rapports d’ONG pointent les hybrides mauvaises élèves de l’environnement. De fait, lorsque ces hybrides ne sont pas rechargées, elles consomment plus que des thermiques classiques, en raison de leur surpoids lié aux batteries qu’elles embarquent.

Une multiplication de l’offre

De plus en plus de constructeurs proposent ce type de modèles qui offre le meilleur des deux mondes : un moteur électrique pour les trajets quotidiens et moteur thermique pour les plus longs trajets. C’est l’assurance de ne pas tomber en panne, notamment lors des départs en vacances. C’est tout simplement la promesse d’être tranquille d’esprit. La technologie des l’hybrides rechargeables est dominée par les constructeurs allemands. BMW, Porsche, Mercedes et Volkswagen forment la majorité des modèles disponibles au catalogue en France. Néanmoins, l’auto hybride rechargeable la plus réclamée dans l’hexagone mais aussi en Europe se trouve dans la flotte de Mitsubishi : l’Outlander PHEV. Chez les constructeurs tricolores, Peugeot avec le 3008 et Renault avec le Captur remportent de vrais succès.

Les hybrides rechargeables : attention au surcoût

Quelle que soit la marque, plusieurs milliers d’euros séparent encore un « plug-in » de sa version thermique toute simple. Sans parler d’une éventuelle surconsommation de carburant si l’usage fait des véhicules hybrides rechargeables ne convient pas. Pour que le « plug -in » soit un investissement intelligent, il faut donc cocher deux cases : pouvoir brancher son auto hybride rechargeable le plus souvent possible et rouler la majeure partie du temps en zone urbains ou périurbaine (A 80%). Car si ces voitures émettent seulement entre 30 et 50 grammes de CO2 au kilomètre, il faut impérativement pour arriver à ces performances, recharger la batterie tous les jours, ce que la plupart des automobilistes ne font pas. Du coup, leurs véhicules hybrides rechargeables bascule sur le moteur thermique et les chiffres d’émission de CO2 peuvent être jusqu’à huit fois supérieures à ceux annoncés par les constructeurs. D’une manière générale, lorsque le moteur électrique ne soutient plus le thermique(batterie vide ou volonté du conducteur de la préserver à l’approche d’une zone urbaine), l’écart de consommation peut varier de plusieurs litres au 100 km. D’où certaines critiques actuelles des ONG à l’égard de ces véhicules. En revanche, lorsque la technologie est bien utilisée, une voiture hybride représente un progrès certain : si cette dernière a été correctement rechargée, la batterie permet d’assurer des trajets quotidiens de 29 kilomètres en moyenne. De fait, les « plug-in » posent les mêmes soucis que les voitures 100% électriques avec la même problématique d’accès à une prise. L’habitat collectif se prête ainsi mal à cette rigueur puisque les prises des parkings ne sont pas destinées à une consommation personnelle. Même chose sur le lieu de travail. Pour les gros rouleurs, le diesel reste à ce jour le meilleur rendement possible.