Les clés du succès de l’effrontée Fiat 500

C’est un mystère. Comment la petite Fiat 500, malgré les douze ans d’âge de sa formule revival fait-elle toujours recette ? Explications.

fiat 500

Rares sont les modèles qui peuvent se targuer de durer aussi longtemps. D’ailleurs, ils se comptent sur le doigt de la main. Évidemment, son ancêtre, apparue dans les années 50 n’a pas grand chose à voir avec la version actuelle. Pourtant, la « nouvelle » Fiat 500 accuse son âge. Elle a douze ans, alors que la majorité des voitures sont renouvelées au bout de 6 ans, ce qui ne l’empêche pas de s’écouler à 194 000 exemplaires par an dans la seule Europe. En plus, c’est une micro-citadine, un segment tellement compliqué que nombres de concurrents jettent l’éponge ou s’allient entre marques pour tenter d’exister. Pas elle. En plus, l’effrontée est plus chère que ses rivales, puisque son prix moyen atteint 15 000 euros, contre 12 000 pour les autres. Elle continue de surfer sur le succès en attendant d’être remplacée, peut-être en 2020, et peut-être en version électrique.

Un look indémodable

Évidemment, le premier de ses atouts tient dans son look. Un dessin indémodable qui reprend, et réussit, la transition entre le pot de yaourt des années 50 et les lignes d’aujourd’hui. Un design cohérent à l’extérieur comme dans l’habitacle, avec, notamment, des plastiques de planche de bord de la couleur de la carrosserie. Un petit truc qui n’a l’air de rien, mais que, depuis, nombre de constructeurs ont repris à leur compte. Cette formule magique est d’ailleurs restée inchangée lors la phase 2 de la nouvelle 500 apparue il y a deux ans. On ne change pas une formule qui gagne.

Le secret des séries limitées

Au delà d’un design intemporel, son record de ventes en Europe, la 500 la doit aussi à ses très nombreuses séries limitées qui ont jalonné son parcours pas comme les autres. En l’espace de 10 ans, 30 éditions spéciales sont venues relancer l’attrait pour le modèle en mettant en avant des équipements et des finitions bien spécifiques. Fiat a tout simplement su être à l’écoute des tendances du marché et, sans dénaturer totalement la célèbre petite 500 des années 50-60, coller aux attentes les plus porteuses du monde automobile au moment M. Avec une version sportive, elle a même permis la renaissance d’Abarth, qui ne s’est pas cantonnée à n’être qu’un simple label sportif mais carrément une marque à part entière dans le groupe Fiat.

Néo-rétro et personnalisable

Cette stratégie a littéralement fait décoller les ventes à son début de carrière, et permet de prolonger sa durée de vie de manière efficace et spectaculaire. L’ingrédient principal de la recette Fiat 500, c’est donc le marketing. Il faut dire que le petit pot de yaourt est né sous une bonne étoile puisqu’il a déboulé en 2007, au moment même où une tendance lourde du marketing automobile jaillissait : la personnalisation et le néo-rétro. En cochant les deux cases, Fiat s’assurait des années de bonheur. Ces deux tendances ont également contribué au succès de modèles comme la Mini, sa rivale éternelle, et inspiré de nombreux constructeurs comme Citroën ou DS.

La maîtrise des coûts de production

L’autre ingrédient miracle de la recette, c’est sa maîtrise des prix de revient. Fabriquée à bas coût au Mexique et en Pologne, elle repose sur la même plateforme que la Panda, la Lancia Ypsilon, et la Ford Kà. Si la deuxième est en fin de vie et que la troisième a disparu depuis deux ans, la comparaison avec la Panda est éclairante. Cette dernière utilise les mêmes organes mécaniques que la 500 (trains roulants, moteurs et boites), elle est plus grande, et bien moins chère. Ce qui n’empêche pas le succès de la petite plus onéreuse. Un paradoxe qui fait le bonheur de Fiat, puisque les marges bénéficiaires de la 500 sont excellentes.

Une mécanique intemporelle aussi

Enfin, avec son moteur peu gourmand, la Fiat 500 ne souffrira guère des évolutions réglementaires ces prochaines années en matière de pollution. Quant à sa version électrique, déjà en vente aux Etats-Unis, elle devrait débarquer dans une version plus efficace dès 2020 sur le marché européen, afin de continuer à inscrire la 500 durablement dans le marché automobile. De quoi repousser sa retraite de quelques années supplémentaires.