Voitures électriques : le casse-tête de la recharge

Rouler en voitures électriques est idéal. Zéro émission, zéro bruit, des prix d’accès de plus en plus raisonnables et des pleins pas chers, ont transformé ces autos en objets de tentations. Encore faut-il se brancher sur la bonne prise, et la trouver. 

voiture électrique

Il suffit de demander à un conducteur quel est le frein principal qui l’empêche de s’offrir une des voitures électriques. Après avoir évoqué le prix d’un tel engin, même s’il est en baisse ces temps-ci, il s’inquiètera immédiatement de l’autonomie de ces voitures à watts. Même si dans ce domaine, les progrès sont constants et qu’une Tesla Model 3 est aujourd’hui capable, en conditions réelles, d’effectuer 450km. Pourtant, le véritable frein au développement de ces drôles de machines est peut-être ailleurs, dans un imbroglio que seuls les propriétaires actuels de telles autos connaissent : la difficulté de trouver la borne de recharge correspondant à son modèle. Des dizaines de réseaux différents, et souvent incompatibles d’une auto à l’autre forment les 28 000 bornes existantes en France. Certaines sont en charge dites accélérées (entre 14 et 22 kW) et d’autres en charges rapides (entre 24 et 130 kW). Dans cette jungle de différences, il convient d’ajouter les formats de prises pour raccorder les voitures à ces bornes. Il en existe 4 types différentes, de la série 1, 2, voir de marque CHAdeMO ou ComboCCS. S’il on ajoute à cet imbroglio le fait que certaines prises soient en courant continu et d’autres en mode alternatif, on obtient le cocktail idéal de l’incompréhension.

42% des Français réticents aux voitures électriques

Certes, nombre de voitures électriques sont achetées dans un seul but : les trajets quotidiens permettant à leurs conducteurs de se brancher chez eux ou sur leur lieu de travail. Mais dès qu’il s’agit d’élargir ses déplacements et de partir en week-end ou en vacances, la recharge devient kafkaïenne. Et ces difficultés engendrent des peurs chez des clients potentiels aujourd’hui demeurés réticents à l’achat de voitures électriques. Cette peur de la panne sèche est ainsi vécue par 42% des Français, selon l’institut Ipsos. Autant de clients en moins pour cette nouvelle forme de mobilité.

Un nombre de bornes en progression pour les voitures électriques

Pourtant, les pouvoirs publics, comme les constructeurs, font preuve d’enthousiasme et de bonne volonté en matière d’infrastructures. Le nombre d’installations en France a progressé de 20% depuis 2018. Il existe aujourd’hui 28 000 points de recharge, soit 1 borne pour 7,2 voitures électriques. Il n’y a donc plus de risques d’embouteillages à la borne. Sauf qu’il faut trouver la prise et l’infrastructure adéquate. Et avant de s’y brancher, il faut, la plupart du temps avoir souscrit un abonnement, pour régler son plein. 

Des solutions incomplètes

Alors, pour tenter de faciliter la vie, et la recharge, des conducteurs, plusieurs solutions s’offrent à eux. Certaines autos, comme les Tesla, incluent dans leur GPS, les bornes de la marque qui se trouvent sur le trajet défini. Des applis comme ChargeMap permettent également de retrouver sa prise sur le territoire national. Plus récemment, l’Avere (Association nationale pour le développement de la mobilité électrique) a lancé le site je-roule-en-electrique.fr. Il dit tout, ou à peu près tout, du type de recharge selon le modèle de la voiture au temps nécessaire à la cette recharge. En revanche, il ne peut intervenir dans la forêt de cartes et d’abonnements variant selon les bornes. Des tentatives existent, qui regroupent ces abonnements, mais elles ne sont pas encore complètes.

La standardisation : un chantier urgent

Pour mesurer les difficultés de ces recharges, il suffit de comparer aux stations-services classiques et thermiques. La situation que connaissent les voitures électriques aujourdhui équivaudrait à des pompes à essence au pistolet à embout carré, ne s’adaptant pas à certaines voitures à l’embout de réservoir rond. L’on verrait également fleurir des pompes capables de délivrer 100 litres/minutes, quand d’autres n’en débiterait que 10. Enfin, l’on ne pourrait s’arrêter que dans certaines stations-services, parce que l’on ne pourrait pas payer dans d’autres. Ce problème de standardisation de recharges électriques est l’un des chantiers essentiels des prochaines années. Et le jour où chaque auto électrique pourra se connecter facilement à chaque borne, le succès de la voiture électrique sera peut-être assuré.

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