Les petites citadines thermiques sont condamnées

Elles sont vendues peu cher, mais coûtent cher à fabriquer. Alors, petit à petit les constructeurs renoncent au segment A : les petites citadines thermiques. Elles deviennent électriques pour certaines, et disparaissent purement et simplement pour d’autres.

petites citadines thermiques

La fin programmée de la Renault Twingo a produit un choc. Mais l’annonce par Renault du non-remplacement de sa petite auto emblématique, pour spectaculaire qu’il soit, n’est qu’un avatar d’une longue série de renoncements de la part des constructeurs mondiaux. En cause : le prix de vente de ces petites citadines thermiques, au rayon d’action limité. A 12 000 euros, en moyenne, elles ne sont pas rentables. Non seulement, elles ne coûtent pas beaucoup moins cher à assembler que des voitures plus grandes et vendues 20 000 ou 30 000 euros (l’ajout de puissance ne doublant pas le prix de revient), mais en plus, les normes C02 qui vont entrer en vigueur vont encore en augmenter le coût pour permettre de les dépolluer. 

Plus de créneau pour les petites citadines thermiques

Luca de Meo confirme que le verdict est sans appel : « Les petites voitures thermiques vont disparaître à cause des règles du jeu. » Les objectifs de l’Union européenne (95 g de CO2 au kilomètre en 2021 et une baisse des émissions de l’ordre de 50 % d’ici à 2030) laissent penser que ce segment des petites citadines thermiques – qui, en plus, subit la concurrence des modèles de la gamme supérieure (Renault Clio, Citroën C3, Volkswagen Polo plus confortables et mieux équipés pour quasiment le même prix) – va disparaître. Alors, la Twingo, comme la Peugeot 108 et la Citroën C1 tirent leur révérence. Quant à celles qui restent, elles seront électriques ou ne seront pas. Liste des survivantes.

Skoda Citigo, Seat Mii et Volkswagen Up : la triplette à watts

Après tout, la ville est le terrain de jeu idéal des voitures électriques et les petites citadines sont donc tout indiquées pour basculer vers l’électricité. Pourtant, la Skoda Citigo e IV qui était passée aux watts en 2019 et qui était alors le modèle électrique le moins cher du marché devant la Renault Twingo Electric, a déjà disparu du catalogue, laissant, pour l’instant, ses cousines VW Up ! et Seat Mii Electric, seules. La Mii, avec un seul moteur, une seule capacité de batterie et une autonomie de 259 km, est donc devenue la reine du rapport prix-autonomie. 

Fiat 500e : la conversion du yaourt

Le groupe FCA a choisi son icône comme ambassadrice de l’électro-mobilité : la Fiat 500. Cette troisième génération du pot de yaourt désormais électrifiée produit son petit effet sur le marché des petites citadines thermiques chics et branchées. Au programme : 320 km d’autonomie, 2 capacités de batteries et une version à 4 portes. Et dans un an, Fiat stoppera la production de la Fiat 500 thermique et hybride. Les rivales naturelles de cette Fiat 500e sont la Mini électrique et la Honda E, deux citadines chics proposées à des tarifs similaires (autour de 25 000 euros, 32 000 euros pour le coeur de gamme). Toutefois, l’Italienne propose une autonomie supérieure. 

Mini Cooper SE : la chic petite citadine

Que deviendrait la Mini à watt sans son sex appeal ? Car niveau autonomie, ce n’est pas vraiment ça. Si elle se montre pétillante à conduite et jolie à regarder avec son lot de personnalisation toujours au programme, la Mini e ne dépasse pas 100 km d’autonomie sur l’autoroute avec sa « pile » à capacité trop limitée (28,9 kWh). Niveau polyvalence, pas de doute, ses concurrentes font mieux qu’elle. Quant au tarif de la petite anglaise électrisée qui se conduit toujours comme un kart et procure toujours de bonnes sensations au volant, il est assez décoiffant : à partir de 32 900 euros. La principale rivale de l’anglaise n’est autre que la Honda e dont les prix débutent à 35 060 euros pour la version de 100 ch et 38 060 euros pour celle de 154 ch.  On peut également citer la DS3 Crossback e-tense de 136 ch (à partir de 39 100 euros), la nouvelle Peugeot e-208 de 136 ch (à partir de 32 100 euros), la Renault Zoé de 135 ch (à partir de 34 600 euros) et la Volkswagen ID 3 (environ 40 000 euros).