Comment bien choisir une boîte automatique ?

Les conducteurs français commencent à se convertir à la boîte de vitesse automatique (BVA). Déjà 30% des voitures neuves en sont équipés et le chiffre ne cesse de grimper. Mais il existe plusieurs types de boîtes automatiques, et chacune correspond à une façon de conduire.

boîte automatique

Boîte auto à convertisseur : bienvenue dans la préhistoire

Elle équipe nombre de voitures depuis des décennies. Aux États-Unis, on la retrouve sur la grande majorité des autos, mais en Europe, elle a tendance à s’éclipser au profit de systèmes plus modernes. Techniquement dépassée, elle a pourtant ses adeptes, car elle a encore quelques arguments à faire valoir. Elle est très fiable et permet une conduite en douceur et sans à-coups. En revanche, elle souffre de quelques handicaps. Ainsi, elle a tendance à consommer plus qu’une boîte mécanique et n’offre aucun frein moteur. Pour réaccélérer, il faut passer par le fameux kick-down. En clair, il faut enfoncer la pédale d’accélérateur à fond pour que la boite rétrograde. Ce qui se traduit par quelques décilitres de carburant supplémentaires, ingurgité par le moteur trop souvent en sur-régime. Aux États-Unis, l’essence coûtant l’équivalent de 50 cts le litre, on est moins regardant sur ce type de problème, d’où la prolifération de cette BVA là-bas, d’où aussi sa lente disparition par ici. A réserver donc aux fans de véhicules anciens, notamment les engins de collections américains.

Boîte à double embrayage : bienvenue dans la modernité

C’est le Graal du moment. Cette boîte automatique (baptisée DSG dans le groupe VW, et EDC chez Renault) a permis de convertir les plus sceptiques à la BVA. Car elle offre un énorme avantage : elle ne consomme pas plus qu’une boîte mécanique, et parfois moins. Son secret ? Deux embrayages qui permettent d’engager un rapport, et de présélectionner le suivant. Elle peut même se manœuvrer manuellement grâce à des palettes derrière le volant ou grâce au levier. De plus, elle n’offre que peu de temps de réponse et un grand confort de conduite. Mais elle a aussi quelques inconvénients. Elle est plus chère à l’achat qu’une boite auto classique et certains modèles ont connu des soucis de fiabilité.

Boîte robotisée simple embrayage : bienvenue dans la sportivité

C’est, sur le papier, la meilleure formule pour ceux qui souhaitent conduire une auto parfois automatique, parfois manuelle. D’ailleurs, ce système équipe toutes les supercars de la planète. Mais en matière de boîte auto robotisée, il y a à boire et à manger. Entre celles qui équipent certaines BMW, Mercedes AMG ou Ferrari, et celles qui équipent des autos très bas de gamme, on n’est pas dans la même catégorie. En version auto, c’est un simple robot qui passe les rapports. Et quand on passe en mode manuel, c’est le pilote qui officie avec ses palettes, comme s’il passait les vitesses manuellement. Ces boîtes sont donc conçues pour être utilisées en mode automatique total que dans certains cas. Mais c’est en mode séquentiel qu’elles livrent leurs atouts. Or, les autos bas de gamme qui disposent de ce système ne permettent pas les passages manuels.

Boîtes à variation continue : bienvenue dans l’éco-conduite

Nombre de voitures hybrides (Toyota, Lexus, Prius, etc) ne jurent que par elle. Mais en fait, ce n’est pas vraiment une boîte de vitesse, puisqu’elle ne dispose pas de rapports précis. La boîte à variation continue, agit, comme sur un scooter, sur l’ensemble de la plage d’utilisation du moteur. Et c’est ce qui fait son intérêt : elle ne fait subir aucun à-coup au bloc, puisqu’il n’y a aucun changement de vitesse. En plus, ce système permet de réduire drastiquement la consommation.  A condition de conduire en douceur. Pas question d’enfoncer la pédale d’accélérateur à fond, au risque d’emballer le moteur, et de surconsommer. En fait, la conduite d’une auto équipée d’une boîte de ce type exige un changement de comportement au volant. Mais en se transformant en conducteur zen, on s’aperçoit rapidement qu’on roule à la même vitesse en moyenne que les nerveux du feu rouge tout en faisant des économies.