Boîte auto : quatre raisons de lui céder

avantages-boîte-automatique

Selon la légende, les boîtes automatiques seraient plus lentes, plus gourmandes, moins efficaces et plus chères que les bons vieux leviers de vitesse et leur pédale d’embrayage. Décryptage d’une mauvaise réputation.

Dix ans. C’est le temps estimé pour que la très grande majorité des voitures neuves vendues en France soient équipées d’une boite automatique. Comme le sont les voitures qui circulent aux Etats-Unis et au Japon depuis des décennies. Dix ans, c’est le temps suffisant pour convaincre les derniers irréductibles du levier de vitesse et de l’embrayage. Et les arguments pour séduire les récalcitrants ne manquent pas. Petit vrai/faux de la boite auto pour enfin libérer le pied gauche de millions d’automobilistes obligés de jongler avec leur pédale d’embrayage à longueur d’année.

La boite auto c’est pour ceux qui ne savent pas conduire

Rien n’est plus faux. Toutes les voitures de course, de la F1 au WRC en sont aujourd’hui équipées. Bon d’accord, ce sont des boites séquentielles avec commande de rapports par palettes au volant. Mais l’embrayage a disparu, ou est réservé au démarrage. Quant aux supercars, de Ferrari à Porsche en passant par McLaren ou Bugatti, elles ne sont, parfois, même pas disponibles avec un bon vieil embrayage. Tout comme de nombreux modèles premium. La raison ? Leur couple important a du mal à passer avec une boite traditionnelle.

La boite auto, ça consomme plus qu’une boite mécanique

Ce n’est plus vrai du tout. Cette réputation tenace remonte aux bonnes vieilles boites auto à trois ou quatre rapports, souvent américaines qui, non seulement ne disposaient pas de vitesses surmultipliées et économes comme la 5e, mais qui, de plus, obligeaient le conducteur à enfoncer la pédale d’accélération à fond pour avoir (un peu) de reprise. C’est le fameux effet kick-down, particulièrement glouton. C’est fini. Les boites récentes permettent de multiplier les rapports (jusqu’à 10 pour les meilleures). Un nombre impossible à manipuler à la main et qui, surtout, permet à la gestion électronique de ces boites de sélectionner la meilleure plage d’utilisation du moteur et d’épargner de précieuses gouttes d’essence.

Les boites auto sont plus lentes que le geste humain

Encore une légende qui remonte à une quinzaine d’années. A la fameuse période des boites à trois ou quatre vitesses. A l’époque, le système nécessitait un temps mort horriblement long pour passer d’un rapport à l’autre. C’est fini. Surtout depuis l’arrivée des boites à double embrayage. Un engin simple dans son principe, mais complexe à mettre en œuvre puisqu’il s’agit de doubler le système. La boite classique est secondée par une autre qui prépare le rapport suivant, selon la conduite, et permet de l’enclencher ultra-rapidement dès que nécessaire. Fini le temps mort, qui peut être dangereux, et qui consomme du carburant pour rien. A l’inverse, les boites auto, dites CVT (Continuously Variable Transmission) se passent totalement de vitesses et d’embrayage. Comme sur un scooter ou une auto électrique, c’est le moteur lui-même qui accélère, ou décélère progressivement. Ces boites sont aujourd’hui les plus économes en carburant, lorsqu’elles sont utilisées en douceur. Elles équipent d’ailleurs de nombreuses autos hybrides, notamment les Toyota et Lexus. Attention toutefois de ne pas les brusquer, car elles donnent la curieuse impression de patiner.

Les boites autos sont chères

Oui et non. Certes, sur des modèles généralistes, il faut compter un supplément compris entre 1 000 et 2 000 euros, mais de plus en plus souvent, ce surcoût est amorti à la revente car la BVA constitue désormais un plus pour le marché de l’occasion, étant donné que 25% des autos neuves sont déjà vendues ainsi et que la demande progresse d’année en année. La mise en place d’un permis spécial boite auto, avec une formation à la conduite plus courte devrait encore favoriser cet essor. Et comme les autos haut de gamme ne sont disponibles qu’en version automatique, ce supplément n’est pas mesurable.

Partagez l'article sur :