Le 4×4 pur et dur : un monde à part

On pense souvent, et à tort, que les SUV, avec ou sans 4 roues motrices, sont conçus pour crapahuter en tout-terrain. Focus sur les 4×4 purs et durs de l’off-road, des modèles de plus en plus rares.

4x4

Ils pullulent depuis quelques années, et nombre de leurs propriétaires pensent qu’armés de leur seul SUV, ils peuvent affronter toutes les routes. Pourtant, ces autos hautes sur pattes, si elles ​permettent de sortir, un peu, des sentiers battus, ne sont que des « tous chemins ». Leur garde au sol élevée leur permette de franchir de petits obstacles, mais ni leur châssis, ni leurs suspensions, ni leurs moteurs ne sont adaptés à la véritable pratique du tout-terrain. Seuls quelques modèles spécifiques permettent de crapahuter en pleine nature. Pour y parvenir, ils disposent de spécificités qui leurs confèrent des avantages, mais aussi quelques inconvénients.

Un châssis spécifique

Un véhicule conçu pour le « off-road », contrairement à une voiture classique, dispose d’un châssis « échelle ». Ce soubassement est désigné ainsi car il ressemble précisément à une échelle. Il offre bien des avantages en tout-terrain : il ne se déforme pas, ce qui se révèle extrêmement pratique lorsque la chaussée est quant à elle très déformée ou totalement inexistante. Ce type de châssis permet également de transporter de très lourdes charges,  et de tracter plus de trois tonnes. Mais l’échelle a deux inconvénients majeurs : sur la route, elle est loin d’avoir le comportement d’une voiture normal et semble flotter lorsque l’on conduit. Car une auto classique n’a pas de châssis du tout, ce qui lui confère son agilité sur la route. En fait c’est une caisse autoporteuse qui le remplace, ce qui signifie que c’est l’ensemble de la carrosserie qui lui assure la rigidité nécessaire.

Des suspensions spécifiques

Pour crapahuter sereinement, le débattement des roues doit être beaucoup plus important que sur une auto normale. Et ceci indépendamment de la garde au sol (même si elle a aussi son importance). Alors, sur les « vrais » 4×4, les ressorts sont plus longs, comme la course des amortisseurs. Souvent, d’ailleurs, ils sont remplacés à l’arrière par un pont rigide et des suspensions à lames, indestructibles. Ce type de suspensions a un inconvénient et un avantage. Sur la route, il produit un effet très inconfortable une fois assis, mais en off-road, il s’avère plus confortable qu’un système de suspensions classique.

Des moteurs différents

Pour évoluer en tout-terrain, nul besoin de disposer d’un moteur capable d’atteindre de grandes vitesses. En revanche, il doit être puissant. Une puissance surtout nécessaire à très bas régime qui lui permet d’évoluer sur tous les terrains sur un filet de gaz et de tracter des charges lourdes. Cette puissance à bas régime, encore appelée « couple » se mesure grâce aux Newton mètres. Un vrai 4×4 dispose généralement d’un moteur (souvent diesel) de plus de 300Nm, alors qu’une voiture classique se contente souvent de 200Nm. Pour les obtenir, les moteurs choisis sont généralement de forte cylindrée avec des réglages spécifiques. Et ils ont deux inconvénients : ils ne sont pas très rapides sur la route, même s’ils bénéficient de bonnes accélérations, mais surtout, ils polluent beaucoup et sont soumis à un malus écologique rédhibitoire de 10 000 euros, en général. Seuls les Pick-ups y échappent, étant donné leur fonction professionnelle. Mais les particuliers bénéficient eux aussi de cette défiscalisation.

Quelques modèles survivants

La fiscalité écologique a eu raison de nombre de 4×4 purs et durs. Le célèbre Land Rover Defender n’est plus au catalogue (mais il reste de nombreux modèles sur le marché de l’occasion en général et sur Vivacar en particulier)​.Quant au non moins célèbre Mitsubishi Pajero, il s’offre un dernier tour de piste dans une série limitée. Reste le Mercedes Classe G, renouvelé très bientôt, le Toyota Landcruiser et bien entendu les pick-ups. De nombreuses marques en fabriquent (Nissan Navara, Renault Alaskan, Ford Ranger, Mercedes Classe X, Mitsubishi L200, etc). Ces constructeurs ont trouvé dans ces 4×4 à bennes, le moyen de contourner l’obstacle du malus et de contenter des clients toujours férus de conduite au grand air.

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