Marques et modèles

Pick-ups : Nissan restyle son Navara

Dans un marché des pick-ups en pleine bérézina depuis que ces lourds engins sont soumis au malus, le Japonais persiste et propose une nouvelle face avant pour le millésime 2021. 

Pick-ups

C’était il y a six ans seulement. Mais c’est une époque d’un autre temps. En 2014, Nissan présentait son nouveau pick-up, le Navara, dont c’était déjà la quatrième génération. Lui et tous les énormes 4×4 à benne constituaient alors une niche intéressante pour les constructeurs. Grâce à un flou juridique, ils étaient exemptés du malus qui sévissait déjà et avaient décimé le marché des gros 4×4. Car la plupart d’entre eux étaient affublés de moteurs diesel de grosse cylindrée, non pas pour leur permettre d’être rapides et puissants, mais pour disposer d’un couple suffisant pour leur permettre de crapahuter où bon leur semble. Mais du coup, la plupart des modèles écopaient d’un malus de près de 10 000 euros, sauf les fameux pick-ups.

Un marché des picks-up en décrépitude

Résultat : il se vendait plus de 20 000 exemplaires de ces derniers chaque année, rien qu’en France. Dans la foulée, même les marques qui ne s’étaient jamais risqué dans la création et la commercialisation de ce type d’engins, contrairement à Nissan, Mitsubishi, Ford, Toyota et Isuzu, se sont engouffrés dans la brèche. C’est le cas de Renault et de Mercedes. Le premier, lié à Nissan par l’Alliance, a pu utiliser les organes mécaniques du Navara pour créer son Alaskan, en 2017. Le second, grâce à des accords industriels avec Renault, s’est servi de la même base pour développer le Mercedes Classe X dans la foulée. Las. Dès 2019, le flou juridique s’est clarifié. Les nouveaux entrants sur le marché des pick-ups ont renoncé. Exit l’Alaskan et le Classe X.

De nombreux pays amateurs de pick-ups 

Mais l’Europe en général, et la France en particulier, ne sont pas le monde. Du coup, malgré l’effondroment national du marché des pick-ups, les vieux acteurs continuent leur bonhomme de chemin, et rentabilisent leurs investissements grâce à une distribution mondiale. C’est le cas de Ford qui, avec son Ranger, est toujours le leader incontesté du genre. Les engins de l’Américain, comme ceux des Japonais vivent toujours très bien leur vie en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud. La vie des pick-ups continue donc, y compris sur notre sol. Même si dorénavant, ce type de voitures s’adressent plus souvent à des professionnels, soumis à une taxation différente, qu’aux particuliers. Et comme tout autre type de modèle, les pick-ups ont droit eux aussi à un restylage de mi-carrière. C’est le cas du Nissan Navara.

L’Amérique, le pays de la voiture à benne

Reste que si la durée de vie d’un modèle standard est généralement de 6 à 8 ans, celle d’un pick-up est beaucoup plus grand. Rien d’étonnant donc à ce que le restylage du Navara n’intervient que 6 ans après son lancement. Pour autant, il n’est pas, pour une fois, si discret que cela, du moins esthétiquement. Car en lieu et place de l’ancienne calandre plutôt discrète pour une auto de cette taille, débarque une nouvelle face avant, du type gigantesque. En fait, cet énorme cache radiateur lorgne très ouvertement vers l’Amérique, ou le Navara est commercialisé sous le nom de Frontier. L’idée est évidemment de s’inspirer de Ford, dont les camionnettes à benne de la série F, et à gigantesques calandres, sont les voitures les plus vendues des US, à comparer avec les Renault Clio et Peugeot 208 en tête des ventes chez nous. 

Un nouveau système anti carambolages

Outre cette nouvelle face avant, Nissan n’a pas modifié fondamentalement son engin. Les deux moteurs diesel sont toujours disponibles, de 160 et 190ch. A l’intérieur, seul le volant a été modifié et la connectivité du système d’infotainement a été améliorée. Il se dote également d’un intéressant système anti-collision capable, grâce à une caméra, d’observer non seulement la voiture qui précède la Navara, mais aussi, celle qui est devant la voiture que l’on suit. Une manière d’éviter les carambolages.