Voitures de collection : vers la fin de l’engouement ?

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Si quelques modèles atteignent des sommets dans les ventes aux enchères, depuis deux ans, l’engouement pour les voitures de collection semble se tasser. Un épiphénomène ou une stagnation au long cours ?

Voitures de collection : des montants records

48,4 millions de dollars, c’est la somme atteinte il y a quelques jours au concours d’élégance de voitures anciennes de Pebble Beach en Californie par une Ferrari 250 GTO coupé de 1962. Sous le marteau du commissaire-priseur de Sotheby’s, l’italienne rarissime (40 exemplaires seulement ont été produits) est donc devenue la voiture la plus chère du monde jamais adjugée dans une telle vente, dépassant la Bugatti Royale de 1926, construite à 7 exemplaires seulement et estimée (aucune n’est mise en vente) à 40 millions de dollars. Deux autres voitures ont dépassé la somme de 20 millions d’euros lors de cette vente californienne. Pour autant, la Ferrari de Pebble Beach n’est pas le record du monde absolu, puisqu’au cours d’une autre vente, totalement privée celle-là, l’une de ses « sœurs », une GTO elle aussi, a atteint 80 millions de dollars. Des sommes folles qui devraient logiquement attester de la santé plus qu’excellente de ce marché qui est aujourd’hui très comparable à celui de l’art. Sauf que, depuis deux ans, il semble trouver ses limites.

Un marché qui commence à stagner

Aurait t-on atteint le degré ultime de cette envolée qui a débuté dans les années 90 ? Depuis 2016, et malgré les sommes folles atteintes récemment à Pebble Beach, le marché se tasse. Certaines autos n’atteignent plus le minimum fixé par avance par leur propriétaire et sont tout simplement retirés de la vente, quand d’autres n’augmentent plus par rapport à une transaction précédente. Le marché est-il suffisamment mûr aujourd’hui pour atteindre ses limites ? C’est le cas pour nombre de modèles courants (américaines des années 50, françaises ou allemandes des années 60). Seules quelques autos « refuge » font toujours l’objet de spéculations, et sont même conseillées par des experts en patrimoine financier. Parmi elles on retrouve quelques modèles de Ferrari, de Porsche 911 ou de Jaguar anciennes. En France, l’explication de ce désamour est plus simple : la somme consacrée à l’achat d’une voiture de collection était jusqu’ici déductible de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) au même titre que les œuvres d’art. Cette taxe est supprimée. Et si l’art est toujours déductible des impôts, les voitures ne le sont plus. En raison de cette disparition, les spéculateurs sont donc moins tentés de s’offrir des véhicules anciens.

Qu’est-ce qu’une voiture de collection ?

Selon la loi, une voiture est dite de collection lorsqu’elle est âgée de plus de 30 ans. Si tel est le cas, il convient de demander un certificat d’authenticité à la FFVE (Fédération Française de Voitures d’Epoque). Grâce à ce document, le propriétaire peut obtenir une carte grise « collection » auprès de sa préfecture. La carte qui est ainsi délivrée a plusieurs avantages, mais aussi quelques inconvénients. Elle permet tout d’abord d’espacer le contrôle technique, qui a lieu tous les 5 ans au lieu des 2 ans de rigueur avec un véhicule ordinaire. De plus, une assurance collection est bien moins chère qu’une police classique. Mais ce type d’assurance ne permet pas de se rendre à son travail avec son ancienne, elle n’autorise que les trajets de loisir. En outre, les véhicules d’époque ne peuvent pas rouler en période de restriction de circulation liée à la pollution.

Reste que la stagnation observée, et dont seules quelques stars roulantes sont préservées, fait le bonheur des vrais amateurs d’anciennes, qui ne souhaitent pas spéculer et qui, surtout, n’en ont pas les moyens. Les temps ou une 2ch, d’un modèle particulier certes, se vendait 172 800 euros est sans doute révolu, et c’est tant mieux pour les amateurs de la Deuche, une voiture conçue pour être populaire.