Renault : les dernières heures du Scenic et de l’Espace

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A la longue, les SUV pourraient bien avoir raison des monospaces. Renault s’apprête, en effet, à retirer du catalogue le Scénic et l’Espace, deux modèles pourtant iconiques.

L’heure est à la rationalisation de la gamme chez Renault. Puisque les SUV raflent tous les suffrages et sont plus chers, les deux monospaces qui ont marqué l’histoire de leur brillant parcours depuis le milieu des années 80, devraient ne plus être renouvelés. L’Espace et le Scénic, ainsi que le grande berline Renault Talisman, n’auront sûrement pas de descendants. Clap de fin pour deux modèles au passé glorieux mais en perte de vitesse.

Le Renault Scenic : le monospace des familles

Depuis 1996, le Scénic avait tapé dans l’œil des familles. Le monospace qui s’est écoulé à plus de 5 millions d’exemplaires, toutes générations confondues, proposait répondait avec talent aux besoins de praticité et d’espace des familles, tout en affichant des tarifs raisonnables. Ils offraient plus de praticité et d’espace que les berlines ou les breaks, tout en étant bien motorisés, bien équipés (sauf en bas de gamme) et fiables. Mais ces dernières années, les SUV ont allégrement croqué la part des ventes. En 2019, il s’est vendu 30 000 Kadjar, le SUV à la mode, contre 20 000 Scénic, le monospace à la traîne.

L’Espace : le monospace avant-gardiste

Impossible de parler de monospace sans évoquer immanquablement le Renault Espace. Ce précurseur de la catégorie en France (sans oublier que le premier monospace fut le Chrysler Voyager outre-atlantique, en 1983…), sa première génération a fait son apparition en 1984. Mais, si dans les années 90, l’Espace représentait 30% des ventes, actuellement, c’est à peine 2%.

Priorité aux SUV et crossovers

Pour se relancer, par d’autre choix pour le groupe Renault que de faire des économies en renonçant à ses modèles emblématiques qui se vendent si mal par rapport au SUV. La fin des monospaces est quasiment acquise au profit des crossovers et des SUV qui séduisent plus les familles avec leur position de conduite en hauteur. Surtout, comme ils se vendent plus chers, ils permettent aux constructeurs de doper leurs marges. Même s’ils sont vu d’un mauvais œil ces derniers temps, notamment lorsqu’ils sont utilisés en zone urbaine, le succès commercial des SUV et des crossovers ne s’essouffle pas. En 2019, 38% des autos vendues en France n’étaient autre que des SUV. Un projet concernant « un unique grand SUV sur le segment D, qui viendrait remplacer Koleos » serait également et logiquement à l’étude. Si la direction n’a pas confirmée l’arrêt de la production de ces modèles, elle admet néanmoins que des réflexions ont été engagées. L’agence Reuters fait également courir le bruit que la Mégane pourrait voir sa production stoppée au profit du crossover Arkana vendu en Russie. Enfin, les modèles électriques restent précieux dans la stratégie de Renault qui devrait produire deux nouveaux modèles électriques dans le cadre de l’Alliance dans les années à venir.

Les SUV, derniers survivants thermiques en 2030 ?

D’ici 2030, les SUV seront sûrement les derniers représentants de l’ère des voitures thermiques. Une tendance déjà initiée par Ford qui, en 2018, a décidé de renoncer de développer des berlines aux États-Unis. Et maintenant, Renault qui pourrait bien se glisser dans son sillage. En dehors des voitures électriques,  que restera-t-il au catalogue si la Renault Mégane disparaît aussi ? Sans doute des SUV : Captur, Kadjar et Koleos. En 2030, les acheteurs de thermiques devront donc se tourner vers des autos hautes sur pattes, du moins le temps que ces autos qui juchent les conducteurs en hauteur ne s’électrifient elles aussi.

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