L’occasion en pleine explosion

2019 a été l’année du record absolu des ventes de véhicules de seconde main en France. L’une des raisons principales de ce boom : la généralisation de la LOA sur les modèles neufs, et sur les occasions récentes.

voitures d'occasion

C’est du jamais vu. L’an passé, le record du nombre de voitures d’occasion venduesa été pulvérisé. Il s’en est immatriculé 5,77 millions, soit une hausse de 3,4% par rapport à 2018. Une envolée qui n’est pas récente, puisque ce marché est en hausse chaque année depuis 2014. Evidemment, les ventes d’occasions sont portées par les ventes de véhicules neufs, et celles-ci se sont bien comportées en 2019, déjouant toutes les prévisions établies en début d’année. Quels sont les modèles les plus recherchés et quelles sont les raisons de cet engouement ? Explications. 

Les marques préférées des acheteurs d’occasion

Grâce aux Citroën C3 Aircross (+58.7%) et C4 Cactus (+35.1%), le segment des autos âgées de moins de 1 an est très dynamique. Les occasions un peu plus anciennes, mais de moins de 5 ans ont également eu un rôle moteur sur ce marché. Ces dernières sont en hausse de 7.7%. Mais c’est entre ces deux âges que la progression est la plus spectaculaire, avec un bond de 11,4% pour les voitures entre 2 et 4 ans. 2019, la progression la plus notable est venue de la tranche des VO de 2-4 ans, qui a affiché un bond de 11,4%. Pourtant, toutes les marques n’ont pas profité de ce beau temps. Si les ventes de Dacia et Skoda de seconde main ont explosé, réalisant respectivement +20,6% et +19,3%, celles de Nissan ont baissé de 4,1% et celles d’Alfa de 5%. Le français DS est lui aussi à la baisse, alors que les autres marques nationales (Citroën, Peugeot et Renault) sont toutes les trois en hausse.

L’occasion, reflet du marché neuf

Finalement, ces scores reflètent assez précisément ceux des ventes de voitures neuves, avec des marques boudées par les acheteurs, et d’autres plébiscitées. C’est le cas de Nissan, qui a tardé à renouveler son Juke best-seller, dont la nouvelle mouture est enfin sur les routes. C’est le cas aussi d’Alfa Romeo dont la nouvelle berline Giulia et le SUV Stelvio n’arrivent pas à convaincre les clients, malgré leurs qualités évidentes. Reste le cas de DS, dont le mini SUV DS3 Crossback, en vente depuis quelques mois seulement, n’est encore que rarement disponible en seconde main. Mais il est un gros décalage entre le neuf et l’occasion. Il concerne le diesel. Boudé sur les autos à zéro km, il continue de caracoler en tête des modèles d’occasion, en dépassant 60% des ventes.

Renault Clio, star des ventes du marché d’occasion

Côté modèles, le podium reflète également les ventes de véhicules neufs. La Renault Clio reste incontestablement la voiture d’occasion la plus vendue en France. Avec 390 996 immatriculations, elle s’est vendue comme du petit pain, devançant la Renault Megane et la Citroën C3. Dans le top 25, la palme de la plus forte hausse revient à la Dacia Sandero qui a enregistré +29.6%. C’est en Ile-de-France que les voitures d’occasion se vendent le mieux. Les véhicules de seconde main représentent 13.4% du marché français en région parisienne et les chiffres continuent à monter (+2.8% en une année). C’est également autour de la Capitale que les voitures essence, hybrides et électriques s’écoulent le mieux. 

Les VO âgés restent stables

Si les occasions récentes se vendent bien, le marché des véhicules âgés de plus de 5 ans est resté à l’équilibre l’an passé. A 3621 872 unités, il est même en baisse de 0,2%. Il a néanmoins représenté 62,5% des immatriculations de voitures d’occasion. A la fin de l’exercice 2016, ce segment pesait encore 67,7% du marché de l’occasion. Sa diminution coïncide avec l’instauration de la prime à la conversion, qui oblige les acheteurs à se tourner vers des modèles récents.

Les raisons de cette vitalité 

Cette bonne forme du marché des véhicules d’occasion s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, le développement massif des LOA (Locations avec Option d’Achat) et LLD (Locations Longue Durée) favorisent la vente de modèles récents (2 à 4 ans) sur le marché de la seconde main. Par ce biais, les consommateurs de neuf ont pris l’habitude de changer de voiture plus souvent, et ceux qui ne jurent que par l’occasion, se précipitent sur les autos des premiers, rendus à la fin du contrat, généralement au bout de deux ou trois ans. En outre, les nouvelles formules de LOA adaptées à l’occasion récente, dopent encore plus ce marché particulier. Enfin, le succès de la prime à la conversion explique aussi cet engouement, une majorité de Français s’étant défait d’une vieille voiture en rachetant une occasion plutôt qu’une neuve. Reste que, bien évidemment, un marché de l’occasion florissant repose sur un marché du neuf qu’il est tout autant. Et si ce dernier est à la baisse, le premier aura moins d’offres à proposer. Le prix des occasions risquent alors de s’envoler, et les acheteurs de s’en éloigner.

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