Les pneus verts : plus écologiques et plus économiques ?

pneus verts

On les appelle ainsi pour leur capacité à faire baisser la consommation des voitures. Ce qu’ils parviennent à faire, mais cet aspect écolo ne se fait-il pas au détriment de la sécurité ?
Plus la résistance au roulement d’un pneu est faible, plus il est possible de réaliser des économies de carburant. Et une consommation moindre produit moins de C02. La physique est imparable et, depuis 1992, et l’invention du pneu Energy par le géant français Michelin, tous les manufacturiers fabriquent ce type de gomme à faible résistance encore appelée pneus verts. Une logique d’autant plus d’actualité par ces temps de chasse aux émissions imposée par la réglementation, alors que le pneumatique, à lui tout seul, génère environ 20% de la consommation d’une voiture. Une demande pour ces pneus particuliers qui ne devrait pas baisser, bien au contraire, puisque les objectifs imposés par l’Union européenne aux constructeurs à l’horizon 2020 visent une moyenne de rejets de 95 g/km de CO2. Du coup, la possibilité pour les constructeurs automobiles de gagner 4g/km uniquement à l’aide de ces fameux pneus verts est primordiale. Et ils sont les premiers à inciter les manufacturiers à en développer pour les installer en première monte sur leurs modèles, ceux-là mêmes qui seront homologués par Bruxelles. Une première monte d’autant plus intéressante pour les fabricants de gommes, qu’environ deux clients sur trois, lors du remplacement, restent fidèles à la marque de pneus déjà installée sur leur auto.

Une efficacité relative individuellement, mais importante au niveau global

Le pneu vert se répand donc à grande vitesse. Pour autant, remplit-il son office ? Des études récentes estiment qu’il permet de réduire de 20% la résistance au roulement. C’est beaucoup. En revanche, il n’entrainerait qu’une économie de carburant de 2,5%, soit une déduction de 4 à 8g de C02/km. C’est peu, même si, reporté à l’échelle mondiale et aux millions de voitures en circulation, l’effort est intéressant. D’autant que ces fameux pneus sont écologiques, même dans leur fabrication. Car ils sont composés, en majeur partie, de silice, une matière beaucoup moins polluante à la cuisson que le carbone. Reste qu’il coûte, en moyenne, 8% plus cher à l’achat qu’une gomme classique.

Plus endurants que les gommes traditionnelles

Reste que la résistance au roulement des pneus classiques ont leur avantage : une parfaite tenue de route. Les voitures de sport, et à fortiori, de course, sont équipées de gommes qui en offrent un maximum pour ces raisons. Ces gommes tendres, développées par tous les grands manufacturiers, et qui assurent une parfaite tenue de cap, ne se soucient pas de la consommation des véhicules. Elles ont un autre inconvénient : leur usure rapide. Il n’en est rien des pneus verts dont la rigidité est une garantie de longévité. En revanche, en ce qui concerne leur tenue sur la route, elle est forcément moins élevée que celle des pneus traditionnels.

Une échelle de notation des pneus

Depuis le 1er novembre 2012, un étiquetage note les qualités de tous les pneumatiques vendus à travers l’Europe de A à G. La résistance au roulement est évidemment pris en compte, de même que le bruit que le pneu produit et sa performance au freinage sur sol mouillé. Certains pneumatiques écologiques se tirent fort honorablement de ces exercices. En revanche, aucun critère ne permet de juger de leur tenue de route en virage, ni de leurs capacités de maintien en cas d’aquaplaning.

Privilégier les pneus premium

Devant ces différentes inconnues, mieux vaut être prudent et choisir des gommes de bonne qualité. Si possible dans les marques dites « premium ». Ils sont, certes, plus chers d’environ 30% que ceux d’autres marques, mais ils ont au moins le privilège d’offrir une meilleure garantie de sécurité que les pneus low-cost, souvent d’origine exotique.