Lamborghini Huracan STO : le chaînon manquant

Entre la routière Performante et l’exclusive pistarde GT3, la STO de 640 ch fait le lien entre le circuit et la rue, pour laquelle elle est homologuée. Pour autant, la dernière évolution de la Huracan est radicale.

Lamborghini Huracan STO

Depuis 2016, le département sport de Lamborghini fait briller la marque sur les circuits du monde entier, rompant en cela avec une tradition maison qui a longtemps consisté à laisser les clients rouler sur ces routes fermées à leur guise sans implication officielle. Mais ce changement de stratégie a un effet bénéfique puisqu’elle permet à la Squadra Corsa, l’équipe qui conçoit les Lamborghini de course, de développer en parallèle des modèles de route, ultra sportive. C’est le cas de cette évolution extrême de la Huracan : la STO, pour « Super Trofeo Omologata » (Super Trophée Homologuée). Le moteur n’a pas été sensiblement modifié par rapport à celui qui équipe la version « civile ». Ce dernier développe toujours 640 ch.

Appuis aérodynamiques et allègement

Cette Lamborghini Huracan STO est entièrement tournée vers la performance.  Sa carrosserie est à 75% en carbone. Ses appuis aérodynamiques ont été améliorés de 53 % par rapport à la Performante. Et son aileron réglable sur trois positions. Les voies de la STO ont été élargies, la structure solidifiée et un arceau en titane vient se placer derrière les deux baquets où des harnais remplacent désormais les ceintures.

Outre l’aérodynamique améliorée, les équipes de la Squadra Corsa ont également largement retravaillé sur les refroidissements du moteur, des freins et même des pneus dont une dalle numérique indique la température à chaque instant. Un bon moyen pour le pilote de savoir s’il ne sollicite pas trop son bolide. Toujours pour refroidir la bête, le capot avant a été ajouré afin d’aérer les trains roulants et une ouverture d’air, en plein milieu du toit, permet de faire baisser en température de l’énorme V10 de 5,2 l atmosphérique qui se trouve juste derrière.

Routière un peu, sportive beaucoup

Une manette positionnée en bas du volant, permet au pilote de choisir son mode de conduite. Le mode « STO » est recommandé pour une conduite sur route, quelles que soient les conditions climatiques. Mais ici, pas de mode « confort » ou « éco ». Le mode « Trofeo », quant à lui, est adapté à la conduite sur piste. Les amortisseurs magnétiques sont alors durcis, la direction plus directe, la boîte robotisée plus réactive, et la réponse moteur plus courte. Lorsqu’il pleut sur le circuit, le mode « Poggia » est tout indiqué afin d’améliorer les performances sur piste humide et glissante. Quand il envoie du bois sur la piste, le pilote peut compter sur les roues arrière motrices qui sont directrices, tout comme celles à l’avant. 

Lamborghini STO : Pas plus puissante, mais plus chère

Grâce aux efforts faits pour alléger cette Italienne en furie qui a perdu 50 kg sur la balance par rapport à la Performante, cette STO permet d’atteindre le 0/100 km/h en 3 secondes, le 0/200 km/h en 9 secondes et offre des pointes à 310 km/h. Et si ces chiffres sont moins époustouflants que ceux de certaines Ferrari ou McLaren, c’est parce que cette Lamborghini STO n’a pas daigné ajouter de turbo. Et si, côté chrono, la Huracan STO est plus proche de la Huracan GT3 de course que de l’ancienne Huracan Performante de route, une telle cavalerie a quand même un prix impressionnant et précis. Cette version STO s’affiche, en effet, à 299 994 euros exactement. Au plaisir de la croiser sur route ouverte, même si les chances de rouler à ses côtés un jour restent minimes, comme c’est souvent le cas avec ce genre de supercars