eCall : le bouton obligatoire pour sauver des vies en 2018

Le bouton s’appelle eCall et 2500 vies pourraient être épargnées grâce à lui chaque année. A partir du 1er avril, tous les véhicules de l’Union Européenne qui entreront en circulation mettront obligatoirement à disposition des automobilistes ce petit bouton rouge. L’eCall permettra, en effet, d’alerter les secours. En cas d’accident, l’automobiliste tombera directement, gratuitement, et 24h/24h, sur un opérateur.
ecall

La ceinture de sécurité, l’airbag, puis l’ABS sont devenus des équipements réglementaires. Désormais, c’est la technologie d’appel d’urgence embarquée appelée « eCall » pour « Emergency Call » qui le devient à son tour, sur tous les véhicules légers de l’UE dès le 1er avril 2018. La Slovénie a été le 1er pays à avoir adopté ce système qui aura mis plus de 20 ans à émerger puisque les premiers essais remontent à 1999, date du lancement du programme satellite Galileo.

eCall : Comment ça marche ?

24h/24h, des opérateurs urgentistes sont prêts à décrocher. Dès qu’ils reçoivent l’appelle de l’eCall, leur voix résonnent dans tout l’habitacle. « Etes-vous victime d’un accident ? Y a-t-il des victimes dans votre véhicule ou dans l’autre véhicule ? ». Les deux premières questions sont toujours les mêmes. Sur son écran, l’opérateur d’urgence a d’un côté une carte qui géolocalise la voiture, de l’autre les données du véhicule grâce à la carte SIM. 10 secondes pour décrocher, 75 secondes pour définir le problème et appeler les secours. Ne pas perdre de temps. C’est l’objectif pour sauver des vies. Le bouton d’appel, souvent à droite du volant sur le tableau de bord ou au plafond, se déclenche automatiquement en même temps que les airbags. Mais aussi manuellement en cas de malaise ou d’agression par exemple.
« Trop d’automobilistes perdent la vie sur les routes de l’UE, décrit Olga Sehnalova, rapporteur du texte. Le système eCall visera à améliorer la sécurité routière en permettant aux services d’urgence de localiser les lieux de l’accident et d’atteindre plus rapidement les victimes. En tant que service public, eCall sera gratuit pour tous les citoyens, quel que soit la voiture qu’ils conduisent ».

Respect de la vie privée

Le principal obstacle de l’eCall est bien sûr le respect de la vie privée car le nombre de kilomètres parcourus, le temps et lieu de pauses pourraient intéressés d’autres personnes. Mais le texte voté veille également à protéger les données des véhicules. Lors de l’appel automatique, seules les données de base seront transmises aux services d’urgence, tels que le type de véhicule, le carburant utilisé, la vitesse, l’heure et le lieu exact de l’accident. De plus, les données collectées ne pourront être « transférées à des parties tierces sans l’accord de la personne concernée ». Enfin, les « fabricants devront s’assurer que la conception de la technologie eCall permette d’effacer totalement et de façon permanente les données collectées ».

eCall est amené à se démocratiser rapidement

Ce petit bouton rouge, seuls quelques constructeurs tels que PSA Peugeot Citroën, Volvo et BMW le proposaient par le biais de centres d’appels privés depuis une quinzaine d’années. Au total, 2% du parc automobile européen en disposait d’un. Ce système est développé par le Syndicat National des Sociétés d’Assistance (SNSA). En passant par la plate-forme eCall 112, les sociétés d’assistance recevront les appels et les filtreront pour les rediriger après analyse vers les services concernés : le SAMU, la police, les pompiers, les services autoroutiers ou encore les dépanneurs. Les échanges seront numérisés en complément des conversations téléphoniques afin de fiabiliser et sécuriser les temps d’intervention. Le SNSA table sur 30 000 appels à traiter pour la première année 2018, puis 150 000 en 2019 et 400 000 en 2020.
Avec ce système, la commission européenne espère une diminution de 4% des accidents mortels sur les routes d’Europe.