Bugatti Bolide : un meilleur chrono qu’une auto de course

Le concept-car Bugatti Bolide ne plaisante pas avec les performances. Son moteur W16 de 1850 ch coiffe tout simplement sur le poteau n’importe quelle voiture de course. 

Bugatti Bolide

Pour l’heure, ce n’est encore qu’un concept-car animé par un moteur démesuré de 1850 ch. Mais il est certain que si ce Bolide imaginé par Bugatti se vend à quelques exemplaires prochainement, il trouvera rapidement preneur, quel que soit son prix de vente. Car tout en lui est spectaculaire. A commencer par son design inspiré de l’avion Bell X1 qui n’est autre que le premier à avoir franchi le mur du son. Ensuite ses chronos sur circuit, simulés par ordinateur, et qui donnent le tournis : le Bugatti Bolide élancé sur le circuit du Mans bouclerait un tour en 3,7 minutes, un rythme nettement plus effréné que n’importe quel prototype engagé aux 24 heures. Le Nurbürgring ? Le Bolide en fait le tour en 5,23 minutes. Seule une Porsche 919 spécialement optimisée a réussi à faire mieux, et à taper un chrono en 5,19 minutes. Andy Wallace, le pilote d’usine de Bugatti l’avoue : il n’a jamais conduit « quelque chose qui accélère aussi fort ». Avec cet engin, inutile d’évoquer des performances d’accélération traditionnelles de 0 à 100 km/h. Son challenge est ailleurs : dans le 0/300 km/h, qu’elle expédie en 7s37, soit le temps qu’il faut à une honnête et plutôt puissante auto classique pour atteindre 100km/h. Autre dimension.

Le Bugatti Bolide pourrait rouler tête en bas

Avec son moteur le plus puissant du monde si le Bolide, était homologué pour la route, l’engin totalement dédié à la performance serait capable de se la jouer spyder-man en roulant au plafond tant son appui généré est puissant quand l’auto grimpe jusqu’à 500km/h. Entre l’aileron avant qui produit 800kg de déportance lorsque le Bolide roule à 320km/h, celui à l’arrière qui génère 1800kg, et de petites bulles qui se gonflent sur le toit pour modifier le flux d’air vers l’aileron arrière, l’aérodynamique du Bugatti Bolide est hors norme. 

Quand Bugatti fait léger, c’est du lourd

La bête de course, construite en moins de 9 mois autour de son mythique moteur W16 de 8 litres, repose sur la base du modèle Chiron mais tous ses composants ont été allégés et son aérodynamisme a été retravaillé pour créer un monstre de performances. Son poids : 1240 kg. Pas plus qu’une auto compacte comme la Peugeot 308 grâce à l’utilisation de matériaux comme le titane, la fibre synthétique ou le carbone. Ce qui offre un rapport poids / puissance de 0,69 kilos par cheval. L’impression 3D a été utilisée pour de nombreuses pièces, ce qui a permis l’utilisation de matériaux très légers. Dans l’habitacle, tout respire la fibre de carbone. Cette hypercar est dépourvue de toute notion de confort qui ajouterait du poids inutilement. Elle est juste équipée d’une caméra numérique de recul (rétro latéraux traditionnels abandonnés pour une paire de caméras) pour améliorer encore l’efficacité aérodynamique de la carrosserie. Le Bolide Bugatti sera-t-il ou non produit en série ? La marque n’a pas encore répondu. En tout cas, l’hypersportive répond aux standards de sécurité de la FIA (Fédération internationale de l’automobile) pour la course automobile. Signe d’un engagement de la marque dans un championnat comme Peugeot dans la future catégorie « Le Mans Hypercar » ? Possible. Si cette bête de course est un jour vendue à des clients, son tarif sera colossal. La Voiture Noire aurait coûté près de 19 millions de dollars et la logique voudrait que la Bolide soit encore plus chère. Reste que cet exercice de style qu’est la Bugatti Bolide n’est évidemment pas destiné à être fabriquée en grande série, ni à être rentable, ni même à sauver les comptes de la maison Bugatti. A l’heure ou les dirigeants du groupe VW, propriétaire de la marque alsacienne, évoque sa session au tchèque Rimac, spécialiste de la voiture électrique, ce prototype est avant tout une manière de dire au public que Bugatti existe encore et qu’il est encore capable d’innover. En espérant que ce ne soit pas un cadeau d’adieu

Partagez l'article sur :