Bioéthanol : la solution anti-taxes

Les polémiques sur les taxes carburant l’ont remis à l’honneur. L’éthanol pourrait bien être l’un des remèdes à l’essence et au gazole trop chers. Certaines régions proposent des aides pour permettre aux conducteurs de s’équiper en conséquence.

Lorsque l’on évoque le bioéthanol (E85 en jargon pétrolier), il convient avant tout de savoir de quoi il s’agit. C’est en fait un mélange composé de 15% d’essence, mais surtout de 85% d’un carburant tiré de la fermentation des sucres de la betterave et de céréales. Grâce à une fiscalité avantageuse, il est vendu en moyenne 0.70 euros le litre, contre 1.45 euros pour le gazole ou 1.55 euros pour le Sans Plomb 95. Avec ses 16 distilleries et 30% de sa production importée, la France arrive en tête de la production d’éthanol en Europe. Une production qui ne représente au total qu’environ 1 % de la surface agricole française. Évidemment, l’ethanol ne puise pas dans les réserves d’énergies fossiles, même si on peut lui reprocher de nécessiter beaucoup d’eau, voir des pesticides, dans sa culture.

Un système qui a fêté ses 10 ans

Décidés dès 2007, une époque ou déjà, il était question du prix des carburants fossiles et de leur raréfaction, les cultures de bioéthanol et les réseaux de distribution se sont mis en place un an plus tard. Au même moment, des professionnels ont proposé leurs services pour équiper les voitures des candidats à la conversion. Problème : ces systèmes n’étaient pas homologués. Du coup, les propriétaires de voitures ne pourraient plus profiter de la garantie constructeur une fois équipés. C’est terminé. Dorénavant, et ce depuis le mois d’avril, les marques acceptent le procédé, preuve s’il en est de la fiabilité du système.

Une somme à investir

Ce produit est donc financièrement très intéressant pour les consommateurs. Il convient néanmoins d’effectuer un petit calcul personnel lié à ses déplacements pour évaluer la rentabilité d’une telle affaire, sachant qu’une auto fonctionnant à l’éthanol consomme entre 10 et 15% de plus qu’avec un carburant ordinaire. De plus, pour que le moteur accepte cette essence végétale, il doit être équipé d’un boitier de conversion dont les prix peuvent varier entre 600 et 1 000 euros. Une somme qu’il convient d’investir en connaissance de cause

Un nombre de stations limitées

Reste un autre problème, qui est comparable à celui des automobiles qui roulent au GPL. Toutes les stations services, et elles sont 11 700 en France, ne distribuent pas de bioethanol, loin s’en faut. Elles ne sont que 1000, soit moins de 10% de la totalité. Heureusement, un site internet Egedis les répertorie et les met à jour régulièrement. Il faut néanmoins veiller à ce que l’une d’entre elle existe près de son lieu d’habitation ou de travail. Heureusement, en cas d’éloignement d’une station équipée, les voitures transformées peuvent parfaitement fonctionner avec leur carburant d’origine : du sans plomb 95 ou 98.

Tous les moteurs sont compatibles

Une fois ces différents problèmes pris en compte, il suffit de prendre rendez-vous avec un spécialiste. Celui-ci installera en moins d’une heure le boitier en question. Il peut néanmoins arriver que certains moteurs complexes nécessitent plus de temps. Car tous les blocs du marché, des gros V8 aux petits 4 cylindres permettent de rouler avec ce carburant bio. Tous, sauf les moteurs diesel, bien évidemment.

Des aides à l’installation

Mais l’installation d’un tel système peut coûter cher. Heureusement, certaines région comme le Grand Est, Provence Alpes Côte d’Azur et les Hauts de France, proposent depuis peu des aides financières. Elles s’élèvent généralement à 250 euros, à condition que le bénéficiaire justifie d’un déplacement de plus de 30 km pour rejoindre son travail.