Décalaminage : le reflexe propreté du moteur

moteur propre

L’intérieur d’un moteur s’encrasse. Aussi faut-il de temps à autre procéder à son nettoyage, sans pour autant en démonter toutes les pièces. Dans le jargon mécanique, cette opération est baptisée décalaminage.

Finalement, un moteur réagit comme un four de cuisine. De temps à autre, il faut le nettoyer, avec un produit efficace ou par pyrolyse. Il en va de même pour un moteur. A force de tourner, surtout sur de courtes distances, il s’encrasse. D’autant plus qu’il s’agit d’un diesel. Des résidus de particules, mêlés à du gazole et de l’huile imbrûlés s’y entassent et, avec la chaleur du bloc, se cristallisent et forment des dépôts charbonneux qui envahissent le turbocompresseur, l’échappement et la chambre d’admission. Résultat : la voiture perd de sa puissance et les soupapes, comme les chambres d’admission peuvent se détériorer. Ce problème peut également survenir lorsque la carburation n’est pas équilibrée. Un mélange trop riche, lié à un trop plein de carburant par rapport à l’air, produit également de la calamine à l’excès. Autre phénomène d’encrassage des moteurs : la vanne EGR, qui permet aux gaz de recirculer pour les dépolluer, encrasse également le système d’admission.

Un remède simple et peu coûteux

Lorsque le mal est fait, il faut l’endiguer. Pour ce faire, plusieurs remèdes existent, du moins efficace au plus efficient, du moins cher au plus coûteux. L’on trouve sur le marché nombre de produits vendus en flacon sur le Web, en grande surface, en centre auto ou chez des professionnels de la mécanique. Ils coûtent entre 30 et 70 euros et ont un intérêt : ils sont très simples à utiliser puisqu’il suffit généralement de verser le contenu du flacon dans le réservoir de carburant. Le problème de ce décalaminage peu onéreux ? Les produits utilisés, très corrosifs, s’ils détachent bien la calamine, ne la dispersent pas toujours. Des blocs peuvent subsister et s’agglomérer, risquant ainsi d’endommager les pièces comme les chambres de combustion, les bielles ou les têtes de piston. Et les dégâts peuvent être importants.

Un nettoyage professionnel

Ce type de traitement, avec un produit chimique et puissant est plus efficace lorsqu’il est réalisé par un professionnel équipé d’un appareil particulier. Il devra d’abord amener le moteur à bonne température, aux alentours de 88 degrés. Puis, tout en le maintenant au ralenti, il injectera directement le produit dans le système d’admission durant 30 à 45 minutes. Les résidus subsistants sont moins importants qu’avec un nettoyage mélangé au carburant, mais il peut néanmoins en subsister.

L’injection d’hydrogène

Mais un nouveau système en vogue fait son apparition ces dernières années. Toujours applicable par un professionnel équipé, ce dernier injectera non pas un produit chimique dans le moteur, mais de l’hydrogène pur. Il est toujours introduit dans les chemises directement durant 45 minutes, dans un moteur chaud tournant au ralenti. Il agit comme un four de cuisine en créant une pyrolyse qui détruit la calamine par la chaleur produite. Le coup est bien entendu un plus élevé (entre 70 et 150 euros) mais les résidus ne s’agglomèrent plus après une telle opération et sont transformées en poussière fine.

Le nettoyage manuel

Reste que, lorsque le décalaminage est réalisé et quelque soit le procédé utilisé, il convient de rouler longtemps pour achever de décrasser le moteur en évacuant les résidus et les poussières. L’idéal étant un trajet sur autoroute à un régime compris entre 2 500 et 3000 t/minutes. Un régime de croisière pour un moteur diesel. Pour éviter toute trace après un décalaminage, il existe bien entendu une solution parfaite : le démontage et le nettoyage à la main de toutes les pièces encalaminées. Mais l’opération, qui consiste à démonter, nettoyer tout ou partie du moteur peut coûter plusieurs milliers d’euros. Elle est en général réservée aux moteurs précieux et très pointus des supercars (Ferrari, Maserati, Lamborghini, etc). On est loin des moteurs diesel de tout un chacun.