Contrôle technique : encore du nouveau

Dès le 1er janvier prochain, l’examen de passage se durcira une nouvelle fois. Dans le collimateur de cette nouvelle mouture : les diesels trop polluants.

L’entrée en vigueur du nouveau contrôle technique, le 20 mai dernier, avait poussé nombre d’automobilistes à anticiper leur visite pour échapper à des mesures plus draconiennes qu’avant, d’où un gros embouteillage chez les spécialistes de l’examen. Le bouchon pourrait bien se reproduire avant la fin de l’année puisque, dès le 1er janvier prochain, un étage supplémentaire s’ajoutera à la fusée, déjà encombrée, des points de contrôle de nos véhicules. Cette fois-ci, c’est la pollution des moteurs diesels qui sera visée. Une pollution assez peu réprimée jusqu’ici, puisque seuls 1% des véhicules qui étaient vérifiés devaient subir une contre-visite. En 2019, 10 à 15% d’entre eux pourraient bien être obligés d’effectuer une réparation avant de se représenter.

Des taux de mesure plus sévères

En cause : le durcissement des mesures d’opacité des moteurs au gazole. Un système de contrôle qui existe déjà, mais les taux de pollution retenus étaient jusqu’à présent très larges. Or, dès le 1er janvier, le seuil à respecter sera celui de l’homologation de la voiture. En clair : elle ne devra pas polluer plus que lorsqu’elle était neuve, alors que le premier contrôle technique doit être établi avant la fin des quatre premières années de la vie de l’auto, puis tous les deux ans.

Les particules en ligne de mire

Dans le collimateur des autorités, les particules fines sont particulièrement visées en raison de leur nocivité pour les poumons. Et leur élimination dépend principalement de deux pièces mécaniques : la vanne EGR et le filtre à particules. Ils sont au cœur d’un système qui permet de les éliminer à hauteur de près de 90%. Mais ces pièces s’abîment. Elles sont particulièrement sensibles aux courts trajets effectués lorsque le moteur est froid, et aux extinctions et redémarrages intempestifs du moteur.

Attention à la vanne EGR

Il est donc indispensable de veiller à leur bon état de fonctionnement. Lorsque l’une ou l’autre de ces pièces est défaillante, elle est signalée par un voyant au tableau de bord, mais uniquement dans le cas où elle ne fonctionne plus du tout. Lorsqu’elle est simplement abîmée, augmentant ainsi la pollution, il est impossible de la savoir sans en passer par un spécialiste. On peut, bien évidemment, faire bien chauffer son moteur avant de le faire examiner au contrôle technique, puisqu’un bloc diesel froid pollue plus que lorsqu’il est chaud, mais par précaution, et pour éviter une contre visite facturée entre 10 et 30 euros, qui s’ajoutent à la première visite coûtant entre 50 et 85 euros.

Un rendez-vous chez un professionnel s’impose

Evidemment, il est important de faire vérifier son système anti-pollution avant de passer son contrôle technique. Aujourd’hui, la plupart des concessions, des agents et des centres auto proposent des diagnostics au moyen de sondes. La plupart d’entre eux réalisent également les réparations nécessaires. Elles peuvent être de plusieurs natures. Si les pièces ne sont pas trop endommagées, elles peuvent être nettoyées et avec elles, l’ensemble du moteur. Une procédure appelée décalaminage dont le prix dépasse à peine les 100 euros. Mais si la vanne EGR est abimée, il convient de la changer. Une opération qui peut faire grimper le coût à près de 1 000 euros. Pas toujours rentable pour une très vieille voiture.

Un autre durcissement attendu

Cette montée en puissance d’un contrôle technique de plus en plus draconien ne s’arrêtera pas là. Après une pause de trois an, jusqu’en 2022, un nouveau point de contrôle sera obligatoire au premier janvier de cette année : celle de la mesure de cinq gaz polluants émis par les pots d’échappements, essence ou diesel, dont les fameux NOX spécialité des moteurs à gazole. Là encore, les seuils de pollution des autos de quatre ans devront être équivalents à ceux d’une voiture flambant neuve.