WRC : à deux courses de l’arrivée, rien n’est joué

Après le rallye de Grande-Bretagne, Ott Tänak, sur sa Toyota Corolla, a conforté son avance sur les archi-favoris Sébastien Ogier (Citroën) et Thierry Neuville (Hyundai). Le championnat WRC en est relancé, et le suspens maintenu.

WRC

Qui a dit que le championnat du monde des rallyes, le fameux WRC (World Rally Championship)  n’avait pas d’intérêt ? Le manque d’équipes officielles, puisque seuls Hyundai, Toyota et Citroën sont engagés, et le manque de médiatisation de la discipline n’empêchent pas les trois teams de se battre pour la première place des pilotes et celle des constructeurs depuis le début de la saison. Une saison pleine de rebondissements ou, tour à tour, le français Sébastien Ogier sur sa Citroën C3 et le belge Thierry Neuville, sur Hyundai I20, ont, chacun leur tour, squatté la première marche du podium. Jusqu’à l’arrivée d’un troisième larron. L’Estonien Ott Tänak, engagé chez Toyota l’an passé a commencé par prendre les commandes du rallye de Monte-Carlo, puis du rallye de Suède, avant d’enfoncer le clou en Angleterre. Trois victoires qui l’ont propulsé en tête du championnat, devant ses deux rivaux, un rien médusés par cette « remontada ».

L’année de la consécration pour Citroën et Hyundai ?

C’est que du côté de Citroën, comme chez Hyundai, la saison 2019 devait être celle du titre. Le retour en début d’année chez Citroën de Sébastien Ogier, sextuple champion du monde, a redonné de l’espoir à une team quelque peu malmené au cours des précédentes saisons. Quant à Thierry Neuville, fidèle à Hyundai, il pensait que sa scoumoune persistante au cours des précédentes éditions avait enfin disparu. Las. Dès le rallye de Monte-Carlo, les avaries successives ont relégué les deux pilotes favoris derrière Tänak.

Un pilote surdoué

Le garçon a de quoi affoler les pilotes les plus chevronnés. Car l’Estonien est du genre surdoué. Ses premiers pas en compétition, il les effectue à 17 ans dans le championnat national de son pays ou il se classe dans le top 10, à l’âge ou nombre d’adolescents confondent encore les pédales de frein et d’embrayage. En 2010, âgé de 23 ans il entre dans la cour des grands, celle du WRC. Pilote officiel M-Sport Ford, il intègre l’équipe Toyota en 2018. Cette année semble donc être la sienne. A moins que ses ainés, aujourd’hui en deuxième et troisième place du championnat, ne lui ravissent son leadership.

WRC : 2 courses pour se départager

Car il reste deux épreuves et tout reste possible. Deux rallyes ou Neuville et Ogier peuvent exploiter tous leurs talents. L’épreuve espagnole, le rallye de Catalogne, se déroulera du 25 au 27 octobre sur un mélange de terre sèche et d’asphalte. Des revêtements ou le Français et le Belge sont à l’aise. En revanche, moins d’un mois plus tard, se déroule la dernière épreuve de la saison : le rallye d’Australie qui s’ouvre du 14 au 17 novembre. Et cette année, les antipodes pourraient bien servir de juge de paix. Ultra-piégeux, en raison des routes recouvertes d’une fine poussière et de chemins étroits slalomant entre les arbres, les spéciales australes ont déjà eu raison des meilleurs. Et dans ces conditions, Tänak est à son aise. Il a fait mieux que Thierry Neuville et Sébastien Ogier l’an passé, même si ce dernier l’a emporté à trois reprises. 

Rien n’est joué pour les constructeurs

Mais ce qui se trame en Espagne et en Australie n’est pas seulement une victoire au titre du meilleur pilote de l’année, mais aussi celui du constructeur vainqueur. Et dans ce domaine, l’affaire n’est pas jouée. Pour le moment, Hyundai est en tête, suivi de Toyota, l’écurie d’Ott Tänak. Seulement l’écart entre les teams n’est que de 8 points. Mais les deux épreuves restantes permettent aux écuries de se répartir 86 points restants. Autant dire qu’à un mois et demi de la fin de la saison, rien n’est joué, ni pour les pilotes, ni pour les constructeurs.

Partagez l'article sur :