L’automobile bascule vers l’électrique et Volvo veut se placer en pole position

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Le crépuscule du thermique semble bien avancé. Tour à tour, tous les constructeurs basculent vers l’électrique. Entre les 11 milliards de dollars investis par Ford et les 6 milliards d’euros promis par Porsche, l’ensemble des marques abandonne petit à petit le moteur à explosion. Dernière annonce en date, celle de Volvo qui semble non seulement plus radicale que les autres, mais la plus pressée aussi, en fixant l’échéance à 2019. Dans moins de deux ans, sous le capot de chaque modèle suédois, se cachera un moteur hybride ou 100% électrique. Ce n’est certes pas tout à fait la fin du thermique, mais le constructeur passé sous la houlette du groupe chinois Geely en 2010 s’en approche à grands pas. Au programme : le lancement de 5 modèles 100% électriques d’ici à 2021. Trois d’entre eux seront estampillés Volvo, les deux autres vivront sous la marque Polestar. L’ex-filiale spécialisée dans la préparation de modèles sportifs devient une marque à part entière spécialisée dans l’électrique. Évidemment, le suédois ne se lance pas dans une telle aventure sans expérience. Ses SUV XC90 et XC60 disposent déjà d’une version hybride et leur petit frère XC40 en sera équipé dès cette année.

La Chine, maitre du jeu et de l’électrique

On peut s’interroger sur cette précipitation de l’ensemble de l’industrie automobile vers les motorisations électriques. En fait, deux raisons la justifient. Et surtout, deux marchés. En Europe, dès 2021, la norme fixée par Bruxelles limitera les émissions polluantes à 95g de CO2/km. Mais attention : cette norme tient compte de l’ensemble d’une gamme, non d’un modèle. Chacun devra donc jongler avec les moyennes d’émissions de l’ensemble de ses autos pour pouvoir les proposer sur le marché européen. C’est la raison pour laquelle Porsche proposera très vite un modèle 100% électrique lui permettant de compenser les effluves de ses 911, Cayenne et Macan thermiques. C’est aussi la raison qui pousse Ferrari ou Lamborghini à prévoir des motorisations hybrides. L’autre grande motivation de toutes les marques mondiales pour basculer vers l’électricité n’est pas plus fleur bleue ni environnementale. Leurs yeux à tous sont aujourd’hui tournés vers la Chine. Car l’Empire du Milieu est devenu le plus grand marché du monde. Et il a décidé d’appliquer des quotas d’importation drastiques pour favoriser l’énergie électrique dès 2025. Les dirigeants de Pékin se feraient-ils du souci pour les poumons de ses 1,379 milliards de concitoyens ? Pas vraiment. En fait, l’industrie chinoise, qui est passé à côté de la plupart des innovations en matière de motorisation thermique tente de se rattraper sur l’électrique. Et ça tombe bien : le pays est le premier, et de très loin, producteur mondial de batteries, celles-la mêmes sans lesquelles les voitures électriques européennes, américaines ou suédoises ne peuvent pas rouler. Et comme Volvo est détenu par des capitaux chinois, l’empressement de la marque pour cette nouvelle forme d’énergie est logique. Et tous les autres constructeurs de suivre, pour ne pas risquer de se priver d’un si gros marché.

Quid de Tesla ?

Cette course à l’armement aura ses gagnants, mais aussi ses perdants. Et le précurseur Tesla pourrait bien figurer dans les rangs de ces derniers. La marque d’Elon Musk, qui produit ses autos entièrement électriques depuis dix ans, sans jamais avoir été rentable, semble aujourd’hui bien isolé face à la déferlante. Car il ne sera bientôt plus seul dans son domaine spécifique : l’électrique premium. Car haut de gamme, Volvo, Porsche, Mercedes et Audi le sont aussi. Et d’ici trois ans maximum, ces nouveaux concurrents de la Tesla Model S seront sur les routes. Une électrique plus démocratique ? Tesla propose la Model3, mais peine à la produire. En face, l’Opel Ampera propose une autonomie équivalente (500km) et des performances de même niveau (200ch), même si cette auto, version européenne de la Chevrolet Bolt n’est fabriquée qu’au compte-goutte. Pour autant, d’autres électriques généralistes du même tonneau vont voir le jour très vite chez Renault, Nissan, Volkswagen et consors. Peut-être trop vite pour Tesla.