Voitures thermiques en Chine : Renault arrête les frais

Ce devait être l’Eldorado de l’automobile, mais la situation du groupe Renault a poussé la direction a renoncer au marché des voitures thermiques en Chine, du moins en partie. Seules les voitures électriques et les utilitaires continuerons d’être fabriquées et vendues au sein de l’Empire du milieu.

voitures thermiques en Chine

C’est le plus gros marché automobile du monde. Celui où se vendent, bon an mal an, près de 24 millions de voitures. Mais si les grands groupes allemands, japonais et coréens y sont très bien implantés, ce n’est pas vraiment le cas des constructeurs français. Renault, Peugeot, Citroën et DS rencontrent des difficultés là-bas depuis plusieurs années et la baisse générale des ventes observée depuis 2018, comme la crise du Coronavirus ont accentués ces difficultés. Si PSA n’a pas encore pris de décision en ce qui concerne ce marché décisif (Carlos Tavarès devrait s’exprimer à ce sujet d’ici quelques semaines), la sentence de Renault est tombée : le losange jette l’éponge, du moins en ce qui concerne les voitures thermiques en Chine. Une décision prise rapidement et qui s’explique, entre autres par le déficit de 141,2 millions d’euros que le groupe a essuyé au titre de son exercice 2019.

Des SUV qui n’ont pas séduit le marché chinois

Renault a fondé il y a plusieurs années une co-entreprise dans laquelle elle détient 50% des parts, à égal avec le constructeur local Dongfeng. Cet accord a été dénoncé la semaine passée et la DRAC (Dongfeng Renault Automotive Company) n’existe plus. Cette entreprise fabriquait des voitures thermiques en chine : Kadjar et des Koleos sur le sol chinois pour le marché chinois. Pourquoi cette décision ? Pour d’évidentes raisons d’économies rendues nécessaires en raison du manque de succès des deux SUV en Extrême Orient. Les Renault chinoises n’ont jamais réussi à dépasser 1% de parts de marché, et ce marché se détériorant, ces parts risquent de baisser encore plus.

Le futur SUV Dacia électrique continue sa carrière locale

Pour autant, meme si Renault arrête les voitures thermiques en Chine, la marque va rester présente au sein de l’empire du milieu avec ses utilitaires et voitures électriques. Ces dernières restent un filon intéressant pour le Français. D’une part, parce que le marché de l’électrique chinois continue de se développer (il s’est vendu 850 000 autos à zéro émissions l’an passé). D’autre part, c’est en Chine qu’a été développé le mini SUV électrique KZ-E. Or, c’est précisément ce modèle, légèrement redessiné, qui devrait apparaitre sur le marché européen sous la marque Dacia dès l’an prochain. Pas question donc de fermer la deuxième co-entreprise fondée par l’allié Nissan avec le constructeur local e-GT. Une troisième co-entreprise va continuer de produire et développer des électriques. Elle a été signée avec une autre marque locale, Jiangling Motors et doit lancer sur le marché local 4 nouvelles autos électriques d’ici deux ans. En revanche, aucune décision n’est prise pour le moment en ce qui concerne la distribution en Europe de cette future flotte non polluante.

Des utilitaires sous une marque locale

Dans les faits, Renault ne produit plus de véhicules thermiques en Chine, mais reste donc présent dans le domaine qui pourrait connaître la plus forte évolution : les autos électriques. Une évolution poussée par le gouvernement central qui souhaite qu’en 2030, un quart des véhicules vendues soient électriques en, ayant recours à des quotas. Mais il est un autre domaine ou les ventes se portent bien : ce sont les utilitaires. Il s’en est immatriculé 3,3 millions l’an dernier et le groupe Français entend bien récupérer quelques parts de marché de ce phénomène. C’est donc avec un autre constructeur local, Brilliance, que le losange entend lancer 5 nouveaux modèles sur place d’ici trois ans. Mais ces camionnettes n’apparaitront pas sous la marque Renault, mais sous une marque locale déjà bien mieux implantée que lui : Jinbei.

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