450 voitures radars banalisées d’ici fin 2021

De nouvelles voitures radars banalisées vont débouler sur nos routes. Fin 2021, l’Etat devrait en avoir mis 450 en circulation. Gérées par des sociétés privées, ces voitures indétectables pour les automobilistes devraient faire exploser le nombre de PV pour excès de vitesse. 

voitures radars

Ce n’est pas la première fois que des voitures radars entrent en scène pour faire la chasse aux excès de vitesse. Mais cette fois, elles se veulent indétectables et en mesure de réaliser de gros bénéfices. Ce qui ne fut pas le cas des Renault Megane, premières du genre, mais pas rentables car trop facilement reconnaissables avec des policiers à leur bord. L’idée : confier ces voitures radars à des sociétés privées capables de dégager des bénéfices en multipliant le nombre de PV. C’est ainsi que les autos de Monsieur-tout-le-monde, type Peugeot 208 ou Volkswagen Golf, vont sillonner les routes de l’Hexagone à la quête de petits excès de vitesse. Petits car aujourd’hui, en France, les chiffres montrent que 85 % des excès de vitesse sont de -10km/h » (et 95 % de moins de 20 km/h). Selon Maître Le Dall, avocat spécialisé dans les Mobilités, « L’Etat entend jouer de la cacophonie des routes nationales pour multiplier les PV. Certaines sont repassées à 90 km/h, d’autres non. De quoi faire en sorte que les automobilistes s’y perdent facilement ».  

Voitures radars : 24h/24h et 7 jours/ 7

Déjà testées sur les routes de Normandie et de Bretagne depuis 2018, ces voitures radars banalisées sillonneront tout l’Hexagone dans le courant de l’année 2021. 450 voitures au total, toutes gérées par des sociétés privées, et qui tourneront à plein régime. Pas de dimanche ni de jour férié, et un flash à double sens, pour prendre en flagrant délit de vitesse les automobilistes. « Ça sera la terreur policière sur les routes, décrit Maître Le Dall. Impossible de savoir si ce n’est pas une voiture banalisée qui se trouvera devant ou derrière nous ». Et ces autos dissimulées dans la circulation devraient rapporter des sommes considérables à l’Etat et aux sociétés prestataires : 12 millions de PV par an, contre 1.5 million actuellement… Et avec un tarif allant de 45 et 90 euros l’amende, cela infusera 810 millions d’euros supplémentaires, au total, chaque année, dans les caisses de l’Etat. « Cela pose évidemment une question éthique, poursuit Maître Le Dall, puisque les sociétés privées engagées auront des quotas à respecter si elles veulent voir leur appel d’offre renouvelé ». 

Quels recours en cas de délit ?

Si ces voitures radars banalisées sont bien légales, il y aura toujours des recours possibles en cas d’infraction.  « Mais il faudra vérifier de plus près encore les clichés émis par ces autos banalisées. Il faudra également s’assurer des conditions de verbalisation », souligne l’Avocat spécialiste des Mobilités.

Pas d’auto, pas de boulot

Un choix politique pas forcément judicieux en période de pandémie. Car cette chasse implacable aux excès de vitesse pénalisera toujours davantage ceux qui roulent le plus ainsi que les travailleurs. Selon Alexandra Legendre, « Pour tous ceux qui ont besoin de rouler beaucoup pour exercer leur métier (…) ou pour les trajets du quotidien, les PV et retraits de points vont s’enchaîner à un rythme effroyable ». Or, d’après la Ligue des conducteurs, chaque année, un tiers des 220 000 personnes qui perdent leur permis perdent également leur travail. « Il ne faut pas oublier non plus, conclut Maître Le Dall, qu’« avec les nouvelles normes CO2, c’est tout un pan du parc automobile qui va devoir être renouvelé et que le taux de chômage, en raison de la pandémie, est déjà particulièrement élevé ces derniers temps ». Sans oublier que la revendication des gilets jaunes, il y a deux ans à peine, n’étaient autre que le prix de l’essence, des taxes, des péages et… des radars.