Les voitures autonomes autorisées sur les routes françaises ?

La France rattrape peu à peu son retard en matière de voitures autonomes. Ces véhicules d’un futur proche pourraient bientôt circuler sur les routes françaises au lieu d’être exposés dans les salons. Publiée au début du mois d’août 2016, une ordonnance du gouvernement vise à encourager la production de ce type d’automobile en  facilitant les tests pour démocratiser la voiture autonome en France.

Une barrière législative enfin levée

Voiture-autonome-reglementation-2La France accuse un certain retard sur la réglementation des voitures autonomes. Aux États-Unis, les tests des véhicules à délégation partielle ou totale de la conduite sur les voies routières sont déjà autorisés depuis 2011. Le Canada a aussi donné son feu vert en octobre 2015. En Europe, c’est l’Allemagne qui a pris les devants en avril 2016 en adaptant les règles de la circulation à la conduite automatisée. En France, il a fallu attendre le 3 août 2016 et l’initiative des ministres de l’Environnement et de l’Economie, Ségolène Royal et Emmanuel Macron, pour qu’une ordonnance autorisant la circulation des voitures autonomes en France soit présentée en Conseil des ministres.

Cette ordonnance est déjà un grand pas en avant pour la nouvelle réglementation sur les voitures autonomes. Toutefois, il faudra attendre une publication du décret d’application par le pouvoir exécutif.

Une bonne nouvelle pour les constructeurs

On peut l’affirmer sans risque, la voiture automatisée sera le mode de transport du futur proche. Son développement devrait donc avoir une répercussion économique importante pour les constructeurs automobiles. La nouvelle ordonnance devrait inciter les constructeurs français à œuvrer dans ce sens, car jusqu’alors ils étaient quelque peu réticents à développer ce segment. Il faut dire que les tests grandeur nature sur les routes n’étaient pas faciles à organiser pour les marques. En dehors des salons, il faut une autorisation spéciale pour pouvoir effectuer les tests sur route. Il fallait donc attendre les grands salons de l’automobile pour pouvoir effectuer les tests routiers. La réglementation autorisait en effet les exposants à effectuer une démonstration sur route de leurs prototypes lors de ces événements. En 2015, le constructeur PSA a demandé une autorisation spéciale pour faire rouler sa Citroën C4 équipée d’une conduite automatisée de Paris à Bordeaux. Il a par la suite réitéré cette expérience en effectuant des trajets Paris-Madrid et Paris-Amsterdam.

Et qu’en est-il de la sécurité ?

L’accident d’une Tesla qui a coûté la vie au conducteur reste une exception. Depuis son autorisation aux États-Unis, très peu d’accidents de la route mettant en cause une voiture automatisée ont été enregistrés. Pour cela, le gouvernement français estime que le développement de la conduite automatisée est un progrès prometteur en termes de sécurité routière. Ces véhicules d’un nouveau genre disposent en effet d’une capacité de réaction et d’adaptation nettement supérieure à celle d’un conducteur humain. Contrairement à l’homme, ces véhicules intelligents ne sont ni sujet à la fatigue, ni à la distraction ou la consommation excessive d’alcool. Selon le gouvernement, l’ouverture aux véhicules autonomes contribuerait donc à sauver des vies et à réduire le nombre de blessés sur les routes de France.