Voiture connectée, voiture piratée ?

voiture piratée

La voiture connectée s’impose sans conteste comme la voiture de demain. Selon certaines estimations, il y aura près de 420 millions de véhicules connectés en 2020. Grâce aux avancées technologiques qui s’invitent au sein des habitacles, les conducteurs bénéficient de toujours plus d’aides à la conduite et de services innovants leur permettant d’interagir plus aisément avec leur environnement. A l’inverse la voiture piratée est une réelle menace. Les systèmes informatiques exploités ne sont pas dépourvus de failles et pourraient être la cible de pirates…

Des voitures de plus en plus autonomes

Les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour améliorer le confort intérieur et augmenter la sécurité sur les routes. Leur objectif est de réduire au maximum les risques d’accidents grâce aux logiciels d’aide à la conduite. Les innovations visent également à améliorer l’habitabilité du véhicule grâce à des équipements de divertissement variés. Un grand nombre de véhicules récents sont d’ailleurs connectés aux réseaux de télécommunication par l’intermédiaire de Bluetooth, du WiFi ou de la 4G.

Certains constructeurs proposent également des services d’assistance à distance. Des dispositifs permettant d’ouvrir les portes de la voiture à distance, de la localiser rapidement, d’identifier la cause d’un problème électromécanique, ou d’appeler les secours en cas de panne, d’accident et de vol.

Encore au stade expérimental, les véhicules autonomes comme la Google Car pourraient se démocratiser dans les prochaines années.

La voiture piratée : le revers de la médaille ?

La connexion informatique qui fait la particularité des véhicules autonomes pourrait constituer une porte ouverte au piratage. Charlie Miller et Chris Valasek, deux chercheurs américains en sécurité informatique, ont étudié la vulnérabilité des véhicules actuels face au piratage. Ils ont mis en avant trois critères pour déterminer les voitures vulnérables au cyber piratage.

Le premier est la surface d’attaque, c’est-à-dire le degré de communication de l’automobile avec l’extérieur. Le second est l’architecture du réseau informatique qui permet d’échanger des données entre les différents systèmes. Certains constructeurs optent pour un seul réseau tandis que d’autres penchent pour trois réseaux, un pour les données critiques, un pour le fonctionnement de la voiture, et un autre pour les loisirs. Le troisième critère est la quantité d’éléments pilotables informatiquement.

Pour les scientifiques, le véhicule le moins vulnérable aux actes de piratage est celui qui est le moins connecté avec l’extérieur, qui dispose d’un bon cloisonnement entre les réseaux et qui possède le moins d’éléments pouvant être pilotés depuis l’extérieur.

Un système de sécurité à améliorer

Il suffit parfois de connecter un boîtier électronique sur la prise « On-Board Diagnostics » (OBD) d’une automobile pour pouvoir en prendre les commandes. Des hackers ont même montré qu’ils pouvaient piloter votre voiture sans y avoir accès physiquement, en utilisant un matériel dont le prix ne dépasse même pas 15 €. Face à ces risques non négligeables, les experts en sécurité tirent la sonnette d’alarme.

La voiture piratée va devenir un réel enjeu de sécurité dans les années à venir. Si les particuliers sont désarmés face au cyber piratage, il appartient aux constructeurs automobiles de prendre les mesures qui s’imposent pour lutter contre cette menace. Le cryptage des données et l’élaboration d’un système de sécurité plus efficace sont des mesures essentielles pour garantir la protection d’une voiture connectée, aussi bien qu’un anti-virus performant est indispensable à un ordinateur.

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