Ventes de voitures neuves : des chiffres historiquement bas

Avec une chute de près de 90%, les ventes de voitures neuves au mois d’avril n’ont jamais été aussi faibles. La faute, évidemment, à la fermeture des shows rooms. Mais si le déconfinement est pour la semaine prochaine, la reprise n’est peut-être pas pour tout de suite. 

ventes de voitures

C’est du jamais vu. Au mois d’avril, les ventes de voitures ont baissé de près de 90% (88,84%) par rapport à la même date l’an passé. La faute, évidemment, à la crise du coronavirus et au confinement qui sévit depuis le 17 mars. Un mois qui avait déjà vu les immatriculations chuter de 72%. Au total, en ce mois d’avril, seules 20 997 autos ont été immatriculées, contre 188 201 il y a un an. La fermeture des show-rooms durant la période explique évidemment l’hécatombe, au point où l’on peut s’interroger sur la manière dont les quelques milliers de véhicules ont pu trouver preneurs. Il s’agit principalement de modèles commandés avant la crise et livrées, la plupart du temps, à des entreprises, dans les locaux de ces derniers.

Voitures électriques et voitures françaises : elles ont mieux résisté

Même avec le petit nombre d’immatriculations enregistrées le mois dernier, il est possible de dégager quelques tendances, comme la meilleure résistance des marques françaises comparées aux voitures importées. Ainsi, Renault conserve la meilleure part de marché avec 28% des ventes, aussi minimes soient-elles. Peugeot est deuxième avec 25% et Citroën arrive en troisième position avec 17%. Livraisons aux entreprises aidant, la part des voitures électriques a augmenté dans ce marasme, puisqu’elles ne baissent « que » de 62% et s’offrent 6% de parts de marché.

Ventes de voitures : un mois de mai en point d’interrogation

Reste que le déconfinement est en vue. Pour autant, le mois de mai sera-t-il à la hauteur des attentes des professionnels ? Rien n’est moins sûr. Les shows rooms ne peuvent pas rouvrir avant le lundi 11 mai et une partie de ce mois, généralement propice à la prise de commandes et de livraisons, sera bien entamé. Difficile donc de réitérer le score de 194 000 ventes enregistrées à la même période l’année passée. D’autant que les distributeurs vont devoir gérer les aspects sanitaires de la réouverture envers leur personnel, évidemment, mais aussi envers leurs clients.

Une sécurité sanitaire qui a un coût 

Comme le confie à Vivacar.fr François Roudier, directeur de la communication du CCFA (comité des constructeurs français d’automobiles), « ce qui marque cette période, et ce à quoi personne ne s’attendait, ce sont tous les protocoles sanitaires à mettre en place », Et d’ajouter que « tout cela forme une organisation et un budget supplémentaire que personne n’avait prévu». Comment les concessionnaires et agents peuvent-ils procéder pour organiser leurs essais, désinfecter les autos avant de les livrer, réaliser les prises en main ? Autant d’éléments que la profession est en train de déterminer.

Ventes de voitures : une année 2020 difficile

Reste qu’au-delà de ce mois de redémarrage, la suite de l’année pose toujours question. Les diverses estimations des ventes de 2020 oscillent entre -20 et -30% et elles seront liées à plusieurs facteurs, y compris la plus incertaine : la volonté des Français de consommer et de changer de voiture. Bercy a prévu un grand plan pour l’automobile avec diverses mesures d’aides. Sauf qu’elles ne devraient intervenir qu’à la rentrée de septembre, selon le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire. Une date qui, selon les professionnels de l’automobile pourraient inciter les acheteurs potentiels à retarder leur décision pour être dans les clous des aides éventuelles.

Une situation qui pourrait favoriser les professionnels

Reste une bonne nouvelle pour les professionnels en question. La demande des Français pour une sécurisation sanitaire maximum pourraient les détourner des achats de particuliers à particuliers et les inciter à acquérir leurs voitures d’occasion auprès de professionnels qui maitrisent parfaitement le process de désinfection des modèles qu’ils mettent en vente.

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