Premier coup de frein sur les ventes de voitures électriques

Depuis deux ans, les ventes de voitures électriques dans le monde ne cessaient de progresser. Et même si la tendance reste à la hausse, la fin des subventions dans l’Empire du milieu a mis un petit coup de frein à cette croissance.

ventes de voitures électriques

D’ici 2040, certains analystes n’hésitent pas à prévoir un marché automobile composé à plus de 90% de véhicules électriques. Un résultat qui, d’après eux, pourrait être obtenu grâce au prix décroissant des batteries et à l’augmentation des capacités de production. Mais si l’actuelle traque au C02 propulse les véhicules verts sur le devant de la scène, leur prix d’achat reste nettement plus élevé, pour l’heure, qu’un véhicule thermique. Et lorsque les subventions ne sont pas – ou plus – au rendez-vous comme c’est notamment le cas en Chine, les ventes piquent même du nez.

Moins de ventes de voitures électriques en Chine

Sans subvention publique, les voitures électriques ont bien du mal à se populariser. Logique, compte tenu de leurs tarifs encore élevés sans bonus écologique. En Chine, justement, pourtant premier marché mondial des autos électriques, les subventions gouvernementales ont baissé quand elles n’ont pas été complètement supprimées. A la fin du mois de juin, en effet, les aides ont été divisées par deux dans l’Empire du milieu et inexistantes pour les véhicules électriques dont l’autonomie est inférieure à 250 km. Conséquence : les ventes s’en ressentent puisqu’en juillet 2019, le marché chinois de la voiture électrique a reculé de 4,7 %. Si la volonté de pousser les constructeurs à développer des modèles verts aux meilleures performances moteurs est très claire derrière tout ça, cette baisse des subventions a eu un important retentissement sur le nombre d’immatriculations mondiales : -14%, soit environ 130 000 unités de moins. Une tendance qui contraste avec celle de l’Europe qui voit les ventes de voitures électriques continuer à progresser : +35% depuis le début de l’année 2019.

Les Etats-Unis freinent sur les autos électriques

Tesla, commercialisée pour l’essentiel aux Etats-Unis, est l’arbre qui cache la forêt avec ses +150% de ventes avec son Model 3 en 2018. Car en dehors de cette réussite, le Président des Etats-Unis, après s’être attaqué aux importations automobiles, a supprimé une grande partie des aides aux voitures propres, privilégiant ainsi la vente des SUV et des pick-up. Si Tesla booste le lithium, ce succès masque la perte de vitesse des autres modèles qui, eux, ont baissé de 16%. Une tendance qui démontre que la demande n’est pas peut-être pas si extensible que ça outre Atlantique.

L’appétit moyen des Européens pour les voitures vertes

Sur le Vieux continent, en dépit des subventions, les ventes de voitures électriques neufs ne représentent qu’à peine 2%. La Model 3 de Tesla s’est le plus vendue avec 26 000 ventes depuis le début de l’année. Mais les autres modèles comme la Nissan Leaf (14 100), la Renault Zoé (19400) n’ont pas vraiment fait les étincelles escomptées. C’est dire si les nouvelles Peugeot e-208, Volkswagen ID3 et Opel Corsa-e qui débouleront cet automne, sont attendues comme le Messie.

Comment la France incite à acheter une voiture électrique

Dans l’Hexagone, les ventes de voitures électriques restent dynamiques avec +46% enregistrés entre Janvier et Juin 2019. Un dynamisme à relativiser malgré tout puisque leur vente ne représente jamais que 2.5% des immatriculations. Depuis 2008, pour les particuliers et les professionnels, l’Etat a mis en place un bonus écologique afin d’inciter les acheteurs à s’orienter vers des modèles neufs faiblement émetteurs de CO2 comme les voitures électriques. Le bonus peut, dans ce cas, atteindre 6000 euros. En revanche, l’aide a été supprimée depuis le 1er janvier 2017 pour les hybrides simples. Cumulable avec le bonus écologique, la prime à la conversion a été mise en place depuis le mois d’avril 2015. De quoi inciter à l’achat d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable en échange de la mise au rebut d’un modèle plus polluant. Cela permet à l’acquéreur d’obtenir jusqu’à 11 000 euros d’aides, cumulable avec le bonus écologique.