Contreperformance des ventes mondiales de véhicules neufs

Depuis deux ans, l’industrie automobile semble avoir pris un nouveau virage. Les ventes mondiales de véhicules neufs goûtent à la décroissance comme si l’automobile entrait dans une période charnière de son histoire, contrainte de se transformer pour répondre aux enjeux écologiques. Les analystes d’Euler Hermès estiment que le ralentissement du marché automobile mondial est durable. Le cap des 100 millions de VN est même reporté à 2026.

véhicules neufs

L’industrie automobile doit trouver un second souffle. Le temps béni du succès insolent semble révolu. Aujourd’hui, l’image même de l’automobile a pris du plomb dans l’aile : on ne parle plus que de pollution, accidents, embouteillages, pollution, accélération du réchauffement climatique. Preuve qu’elle entame un virage serré : les ventes mondiales reculent depuis deux années consécutives. Les immatriculations de véhicules neufs devraient baisser de 5% en 2019. L’Europe a enregistré une baisse de 3% et la France 1%. En cause notamment, les nouvelles normes imposées par Bruxelles. Selon la nouvelle étude d’Euler Hermes, le repli des immatriculations mondiales de véhicules neufs proviendra des contreperformances enregistrées par les 3 principaux marchés automobiles du monde. 

La Chine toujours en pole position des ventes de véhicules neufs

Même en Chine, les ventes sont en recul de 3,5%. Une première depuis trois décennies. Néanmoins l’Empire céleste reste, et de loin, le 1er marché automobile du monde avec un tiers de la production mondiale. Il s’y est vendu 23,2 millions de véhicules en 2018, soit près d’une vente sur 3 réalisée dans le monde. Cependant, la Chine voit sa production locale baisser à 23,1 millions de modèles (-2,5%). Et les prévisions 2019 ne sont pas très optimistes : le repli s’avère particulièrement brutal, puisqu’on table sur une baisse de 9% en 2019. En cause, les consommateurs chinois qui ont adopté un comportement attentiste, en raison des tensions commerciales avec les Etats-Unis, mais aussi la baisse des aides publiques de soutien à l’achat de véhicules neufs, ainsi que la mise en oeuvre de normes anti-pollution plus drastiques.

L’Europe sur la seconde marche du podium

Même si les nouvelles normes WLTP ont mis un coup d’arrêt au marché, l’Europe s’accroche à la deuxième place du marché automobile mondial avec 15,1 millions de véhicules vendus en 2018. L’Allemagne demeure n°1 des ventes avec plus de 3,4 millions de voitures vendues (-0,2%) devant le Royaume-Uni (-6,8 % / 2,4 millions) et la France (2,2 millions). En Europe, selon les prévisions, les ventes de voitures devraient baisser de 3 % à cause du marché qui peine à se remettre des perturbations liées au changement de normes entré en vigueur en 2018. Le recul devrait se poursuivre l’année prochaine (-1 %), alors que des règles plus contraignantes sur les émissions de CO2 des véhicules entreront en vigueur au 1er janvier prochain.

Les Etats-Unis en troisième position

Avec 13,9 millions d’unités vendues en 2018 (-0,4%), les Etats-Unis restent le 3e marché automobile mondial. Les ventes ont poursuivi leur ralentissement après plusieurs années de croissance (2010 à 2016). Comme pour l’Europe et la Chine, la production locale est en léger retrait : -0,2% à près de 8 millions de véhicules. En outre, les immatriculations devraient reculer cette année de 2,5 % à cause d’un retournement du cycle conjoncturel.

Les nouvelles normes

Des milliards d’euros d’amendes. C’est ce que risque de payer les constructeurs si leurs voitures ne descendent pas à 95 grammes de CO2 en moyenne à l’horizon 2020. Car, depuis l’affaire du dieselgate en 2015, contourner les règles sera sévèrement puni. Volkswagen, premier constructeur, a bien du mal à s’adapter à ces normes extrêmement coûteuses. Dans l’hexagone, il faut que le montage de certains modèles se fasse désormais à l’étranger, entraînant une baisse de la production de plus de 20% l’an prochain. Au Royaume-Uni, le Brexit va conduire plusieurs usines à mettre la clef sous la porte. Sans oublier la menace Trump qui souhaite augmenter les droits de douane sur les importations de véhicules venant d’Europe. On parle d’une hausse de 25% qui augmenterait le tarif des voitures européennes de plus de 7 000 euros…

Des voitures non polluantes

Pour se renouveler, l’industrie automobile va devoir, tôt ou tard, abandonner le pétrole. D’ailleurs, seule la voiture électrique continue sa progression au rythme élevé de +30% en 2019, la Chine restant largement en tête (1,5 million de véhicules attendus en 2019, contre 410 000 aux États-Unis et 64 000 en France). La voiture électrique, la solution pour relancer l’industrie automobile ? Peut-être. Mais pour l’instant, elle ne représente même pas 3% des ventes mondiales de voitures neuves…

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