Retrofit : transformer un véhicule thermique en électrique

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Mise à jour de l’article du 2 juillet 2019

Il existe enfin un cadre juridique clair et complet pour le Retrofit.  Convertir une auto thermique en 100% électrique peut désormais se démocratiser.

L’arrêté ministériel fixant le cadre réglementaire pour la conversion en électrique des véhicules thermiques, a été publié vendredi dernier dans le Journal officiel et est entré en vigueur ce 4 Avril 2020. Les véhicules (ainsi que les deux et trois roues) possédant un moteur thermique, peuvent donc désormais bénéficier du Retrofit. Avant cet arrêté, il était nécessaire d’obtenir l’autorisation de modification du constructeur d’origine pour modifier un véhicule. Cet arrêté offre ainsi deux avantages : celui de simplifier l’autorisation de ce type de modification, tout en établissant un cadre assurant une filière sécurisée aux consommateurs ainsi qu’aux professionnels du secteur. Pour rappel, le Retrofit est déjà autorisé en Italie et en Allemagne. Et ce marché concernera des millions de véhicules.

Les bienfaits du Retrofit

Tout le monde ne peut s’acheter une voiture électrique neuve. Exemple : pour une citadine, le prix du Retrofit sera d’environ 5.000 euros, tandis qu’une auto électrique neuve coûte en moyenne plus de 20.000 euros. Il suffit donc de « rétrofiter » son véhicule pour le convertir. Une excellente façon aussi de « décarboner » les transports et de redonner une nouvelle jeunesse à nombre de voitures polluantes qui, d’ici quelques années, n’auront plus le droit de circuler les routes. Car leur vente sera interdite à partir de 2040 et certaines villes, comme Paris, devraient les interdire bien avant cette date. Le Retrofit permet également à toute une filière de l’artisanat automobile de se développer, avec, pour bénéfice – outre la mise en place d’une économie circulaire à l’échelle locale – une baisse de la pollution et du volume des matériaux utilisés pour qu’un automobiliste passe d’une voiture thermique à une électrique.

Cahier des charges du Retrofit

Pour cela, il faut que le véhicule en question ait moins de 5 ans (3 ans pour les deux ou trois roues). Pourquoi ? Parce que les autos de plus de 5 ans ne sont plus garanties par le constructeur d’origine. Cela évite donc les conflits entre les assureurs et les constructeurs. Le cahier des charges du Retrofit est très précis. En effet, beaucoup d’éléments doivent être revus et modifiés si nécessaire : le groupe motopropulseur électrique, le freinage, la certification des batteries (puissance, autonomie), le poids maximal (dont sa répartition) du véhicule, les composants électriques, la hauteur de caisse et les suspensions. La condition est telle que les fonctions de sécurité active et passive doivent être conformes au véhicule d’origine. Avant de recevoir l’agrément de l’UTAC, le véhicule doit donc passer un contrôle technique approfondi et être examiné par un professionnel afin de s’assurer que la conversion n’engendrera pas de surcoûts techniques dans les années qui suivent le remplacement du moteur. Le cadre légal du Retrofit prévoit aussi une durée de 24 mois pour appliquer les prescriptions. Reste encore à étudier le bonus écologique et la prime à la conversion qui pourraient être appliqués.

Un atout pour les flottes automobiles des entreprises

Et pour démocratiser cette solution qui permet aux véhicules thermiques de se convertir à l’électrique, les artisans de l’automobile sont sollicités, notamment pour proposer le Retrofit aux flottes automobiles des entreprises. Car, pour les entreprises comme pour les garages, les avantages seront importants. En effet, pour les artisans qui possèdent une PME, le passage de leur flotte à l’électrique leur permettra de répondre aux appels d’offres qui exigent une empreinte carbone minimale. Et pour les garagistes, l’adoption du Retrofit pourrait sauvegarder des emplois en diversifiant l’activité. 


article du 2 juillet 2019

Techniquement, changer un véhicule thermique en véhicule électrique, c’est faisable. Mais au niveau de l’homologation, c’est plus compliqué. Dans 20 pays dans le monde, c’est possible. Mais en France, une loi de 1954 qui stipule que si l’on veut faire des changements importants sur son véhicule, il faut l’aval du constructeur. Or, le constructeur ne la donne pas pour deux raisons : d’une part, ça engage sa responsabilité même si la transformation est faite dans les règles de l’art (on respecte le poids d’origine de l’auto), d’autre part, ils préfèrent vendre des autos neuves plutôt que d’essayer de transformer le parc roulant. Encore peu présente en France à cause de ces problèmes de réglementation, la technique du « retrofit » pourrait portant être une solution très intéressante en terme d’économie et d’écologie.

Le retrofit pour donner une seconde vie aux voitures

Le retrofit permet, en effet, de redonner une seconde vie aux voitures, évitant ainsi la casse et le gaspillage, et crée, en prime, des emplois au sein des garages tout en générant des économies sur le long terme pour les automobilistes grâce à des coûts énergétiques et de maintenances faibles. L’entreprise Retrofuture gérée par Arnaud Pigounides, également coprésident de l’AIRe (Acteurs Industriels du Retrofit électrique qui regroupe les quatre principaux acteurs du secteur en France que sont le garage Brouzils Auto en Vendée, les entreprises Carwatt, Ian Motion et l’entreprise Retrofuture), a pour ambition de « retrofiter » toute sorte de voitures, qu’elles soient récentes ou plus anciennes, en envisageant dès leur achat leur conversion en électrique. Une idée innovante qui donnerait un sacré coup de jeune aux voitures anciennes qui entreraient alors des quatre roues dans l’ère du  21è siècle…

Favoriser la transformation d’un véhicule thermique en électrique

En Italie ou en Angleterre, le Retrofit est largement plebiscité. Cette filière de bon sens adoptée par nos voisins parce qu’elle répond à des enjeux majeurs de développement durable, pourrait toutefois aboutir en France à partir de 2020. Car plutôt que de mettre nos autos à la casse lorsque les diesels seront définitivement rejetés des grandes villes ou lorsque le kilométrage sera trop largement dépassé, il nous sera enfin possible de les ressusciter. Le Retrofit, cette technique développée par des industriels tels que l’AIRe, compte bien voir le jour suite à des négociations avant fin 2019 avec le ministère des Transports. Car pour moins de 10 000 euros, certaines entreprises sont déjà capables de convertir votre auto thermique, qu’il s’agisse d’un utilitaire, d’une berline ou tout autre type de voiture, à la fée électricité. Pour l’heure, il faut encore obtenir l’accord du constructeur puis en repasser par la case homologation une fois le véhicule transformé pour réaliser cette opération bluffante. Avec toutes ces contraintes, les coûts sont encore trop importants. L’idée serait que la règlementation française autorise le Retrofit en respectant bien évidemment la puissance initiale du modèle afin que les coûts de la transformation restent abordables. 

Moins de pollution 

Remplacer le moteur thermique d’origine par un moteur électrique est beaucoup moins encombrant et écologique. La batterie est adaptée à l’espace d’origine. L’autre avantage du retrofit est d’éviter la pollution générée par la construction d’un véhicule neuf et d’être moins coûteux pour le propriétaire. Les différents acteurs sont capables de rendre un service de transformation au prix d’un véhicule thermique pour ensuite rouler à l’électrique. Pour l’heure, les tarifs d’une telle transformation sont encore trop élevés puisqu’il faut compter environ 30 000 euros pour deux semaines de travaux. Mais ces coûts seraient divisés par trois si le Retrofit se développait réellement en France. 

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