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Stellantis : les grandes manoeuvres ont commencé

A peine signée la fusion entre PSA et FCA qui aboutit au nouveau groupe Stellantis, Carlos Tavares a déjà procédé aux premières nominations, et au positionnement des 16 marques de ce qui deviendra, à terme, le 4e constructeur mondial.

Stellantis

Des marques regroupées par gammes et des personnalités clés à la tête de celles-ci : sitôt l’accord de fusion signé, et la nouvelle galaxie Stellantis créée, les premières décisions ont été prises, et esquissent la stratégie à venir de ce nouveau mastodonte de l’automobile. Car il ne regroupe pas moins de 16 marques dont Peugeot, Citroën, DS, Opel, Chrysler, Fiat, Jeep, Maserati, Alfa Romeo, Lancia et Dodge. Cet ensemble a produit 8,1 millions de voitures en 2019 et se retrouve donc catapulté à la 4e place du Top mondial, et même à la troisième si l’on tient compte du chiffre d’affaires dégagé. Mais pour se maintenir dans cette position, et pour tenter de l’améliorer, le président de Stellantis John Elkann et son directeur général Carlos Tavarès n’ont pas trainé à prendre les décisions qui s’imposent.

Un Français à la tête d’Alfa Romeo et une anglaise à la tête de Peugeot

C’est le jeu des chaises musicales et un nouvel organigramme qui se fait jour à la tête des marques du groupe Stellantis. Jean-Philippe Imparato quitte Peugeot et rejoint la cime d’Alfa Romeo. Le Français aura pour rôle de faire repartir une marque endormie depuis quelques années et qui n’a pas présenté de vraie nouveauté depuis le lancement du Stelvio en 2017. La tâche sera certainement ardue : Carlos Tavares, nouveau directeur de Stellantis place justement de grands espoirs dans le constructeur italien, qui fait partie de ses grandes priorités dans les années à venir. Linda Jackson, qui avait dirigé Citroën pendant six ans, prend, quant à elle, les commandes de Peugeot.  Son remplaçant chez Citroën, Vincent Cobée, reste quant à lui à son poste, de même que Béatrice Foucher chez DS. Du côté d’Opel, pas de changement non plus, puisque Michael Lohscheller dirige toujours la marque allemande, ainsi que Vauxhall. Autre nomination importante : Luca Napolitano, ancien responsable de Fiat en Europe, passe aux commandes de Lancia. Au niveau design, Jean-Pierre Ploué chapeaute, en plus des marques du groupe PSA, les quatre marques italiennes, alors que son homologue Ralph Gilles s’occupe des marques américaines ainsi que de Maserati et Fiat en Amérique du Sud.

Opel au même niveau que Peugeot et Alfa

Afin de rationaliser les éléments techniques et d’économiser ainsi 5 milliards d’euros selon la feuille de route fixée par Carlos Tavares pour Stellantis, les marques sont regroupées selon leur positionnement par pôle, où l’un des constructeurs devient le « Synergies Referent ». En janvier, Fiat a déjà annoncé l’industrialisation de la plate-forme CMP de PSA dans l’usine polonaise de Tychy. Fiat et sa division sportive Abarth sont désormais étiquetés comme des généralistes « coeur de marché ». Pour Alfa Romeo, Fiat, Jeep et Peugeot, une nouvelle organisation s’opère. Seul représentant du segment « luxe » : Maserati. Le « premium » sera incarné par DS et Lancia, ce dernier pourrait bien bénéficier de technologies empruntées à Alfa Romeo et commencer une nouvelle vie avec une gamme renouvelée. Opel se place désormais au même niveau que Peugeot en étant considérés tous deux comme « généralistes supérieurs ». Citroën et Abarth-Fiat seront, quant à eux, référents généralistes. Jeep reste la marque dédiée aux SUV (« Global SUV ») et Dodge, Chrysler et Ram, « marques américaines » puisqu’elles se concentreront uniquement sur le marché américain.

Baptême réussi en bourse pour Stellantis

Les investisseurs se montrent très optimistes à l’égard du nouveau groupe automobile Stellantis, qui apparaît fort bien armé pour affronter la concurrence mondiale dans un marché en plein bouleversement technologique. En hausse dès sa première séance, l’entité résultant de la fusion de PSA et Fiat Chrysler peut se féliciter du succès de son baptême boursier. Le nouveau groupe va pouvoir bénéficier de la mutualisation des efforts, notamment en recherche & développement, pour répondre aux défis que posent la tendance de fond de l’électrification, du véhicule connecté voire augmenté, et de la conduite autonome. Stellantis pourra se montrer « A l’avant-garde d’une nouvelle ère de la mobilité durable », comme l’indique sa profession de foi.