Sécurité routière : des chiffres décevants en période de confinement

accident voiture

Même en période de confinement, les résultats sont loin d’être parfaits pour la sécurité routière. Si la mortalité routière a fortement baissé, les grands excès de vitesse ont augmenté. Du coup, les radars mobiles ont repris du service sur le territoire national.

En grande majorité, dans l’Hexagone, seuls les déplacements réellement nécessaires persistent, en particulier liés aux professions indispensables. Et avec des déplacements drastiquement réduits lié au confinement, il y a eu, en toute logique, moins de morts sur les routes au mois de Mars. Soit une régression de 39,6% en mars (101 morts de moins) par rapport au même mois l’année dernière. Un chiffre qui, cependant, ne réjouit pas David Julliard, l’adjoint au délégué à la sécurité routière. « Cette diminution est inférieure à celle du trafic. Il s’agit donc d’un chiffre supérieur à ce qu’on attendait », regrette-t-il. Une déception partagée par Pierre Chasseray, le directeur général de l’association 40 millions d’automobilistes, qui qualifie ces chiffres de « catastrophiques ». « Il devrait actuellement y avoir zéro accident », commente-t-il.  Avant d’ajouter : « Chaque accident est un échec terrible de comportement ». Ces chiffres qui restent exceptionnellement bas profitent aussi aux piétons et aux cyclistes, bien moins présents sur la voie publique depuis le début du confinement. En revanche, le nombre de morts dans la catégorie des conducteurs professionnels au volant de véhicules utilitaires ou de poids lourd, lui, ne baisse pas.

Augmentation des grands excès de vitesse

Avec le confinement, un autre phénomène apparaît : une augmentation des grands excès de vitesse. Les routes dégagées peuvent, en effet, tenter certains conducteurs d’appuyer sur le champignon. Surtout qu’il n’a pas échappé aux automobilistes que les forces de l’ordre sont sommées de se concentrer sur d’autres tâches que les contrôles de vitesse. C’est ainsi qu’entre le 30 mars et le 5 avril, les radars ont enregistré une augmentation de 12% de ce type d’infractions, par rapport à la semaine du 9 au 15 mars où le confinement n’était pas encore mis en place. Devant ces comportements jugés « irresponsables », la sécurité routière a cru bon de rappeler que ces délits étaient « susceptibles d’accroître le nombre de blessés conduits dans les services d’urgence hospitaliers dans le contexte d’une extrême mobilisation des personnels de santé pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire actuelle ». 

Sécurité routière : plus de temps pour payer les contraventions

Les radars mobiles, faute d’effectifs pour traiter les infractions, étaient suspendus jusqu’à la fin de la période de confinement. Finalement, ils ont à nouveau repris du service sur les routes d’Ile-de-France depuis mercredi dernier pour contrer les chauffards. Les cabines, quant à elles, flashent encore et les jumelles sont toujours de sortie. Alors gare aux excès de vitesse : personne n’est à l’abri d’écoper d’une contravention pour infraction au code de la route. En revanche, si d’ordinaire une amende forfaitaire doit être réglée sous 45 jours (ou 60 jours sur internet), après la date d’émission de l’avis de contravention sous peine d’être majorée, le gouvernement a décidé de prolonger le délai de paiement et de contestation des amendes. « Conformément aux orientations du Gouvernement pour tenir compte de la situation sanitaire à laquelle le pays est confronté, les règles de traitement de l’ANTAI au Centre national de traitement ont en effet été adaptées », communique le Ministère de l’Intérieur.

Amendes pour non-respect des règles de confinement

Lors des quelques sorties autorisées par le confinement, il est désormais obligatoire d’être muni d’une attestation de déplacement dérogatoire. En cas de non-respect de cette règle, il est possible d’écoper d’une amende de 135 euros.  En cas de multiples récidives, la facture peut grimper jusqu’à 3 750 euros et six mois de prison. Pour contester une amende qui vous semble injustifiée, il est possible de se rendre sur le site de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (Antai). Autre possibilité : envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à l’officier du ministère public dont l’adresse postale figure sur l’avis de contravention.

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