Sécurité routière 2018 : un bilan plus que positif

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé en début de semaine le bilan de la sécurité routière 2018 en saluant un résultat historique.

Compteur vitesse

L’annonce est tombée en plein débat sur le maintien, ou non, des 80km/h sur le réseau secondaire. C’est en effet ce lundi que le premier ministre lui-même a annoncé à Matignon, les bons chiffres de la sécurité routière 2018. De bons chiffres qui font état d’une baisse conséquente de 13% par rapport à l’année précédente. Avec 3 259 personnes tuées sur les routes de France métropolitaine, le résultat est en effet meilleur que celui constaté en 2013, ou la France avait déploré 3 427 victimes. Une amélioration, 168 vies sauvées depuis ce précédent record et 189 tués de moins que l’an passé. Le premier ministre a même estimé que, depuis le 1er juillet, date à laquelle les 80km/h sont entrés en vigueur, 116 vies ont pu être sauvés grâce à cette mesure. Évidemment, les chiffres annoncés ne sont qu’estimatifs, et les données définitives ne seront pas connues avant le mois de mai. Reste que la tendance à la baisse ne saurait s’inverser d’ici là.

Une annonce qui suscite la polémique

Mais cette annonce, livrée par le premier ministre tombe en pleine controverse suscitée par le refus, de nombre de citoyens et d’élus locaux et régionaux, de la mise en application des 80 km/h au cours de l’été dernier. Une polémique relancée par les gilets jaunes qui réclament son abrogation. Emmanuel Macron ne s’y est d’ailleurs pas opposé, expliquant que la mesure ne figurait pas dans son programme électoral et renvoyant la balle à son premier ministre. Ce dernier s’appuie donc sur les bons chiffres de la sécurité routière pour la maintenir en place.

Quel avenir pour les 80 km/h

Dès lors, l’on peut s’interroger sur le futur de cette nouvelle limitation de vitesse. Le gouvernement, qui a ouvert le grand débat national jusqu’au 15 mars, a promis de livrer une synthèse des revendications des Français un mois plus tard, au 15 avril. A partir de là, des décisions pourraient être prises dans plusieurs domaines, y compris sur les 80km/h, une question que l’exécutif n’a pas souhaité retranché du débat. Et l’une des pistes envisagées, pour que le Président de la république n’ait pas à désavouer son premier ministre, pourrait conduire l’Elysée à laisser les présidents de régions décider par eux-mêmes.

Des vitesses différentes dans chaque région ?

C’est donc à un choix cornélien que devront se résoudre les élus territoriaux. Iront-ils dans le sens de nombre de leurs concitoyens qui souhaitent revenir aux bons vieux 90km/h sur les départementales sans séparation ? Choisiront-ils plutôt la prudence, craignant une hausse du nombre de tués dans leur région ? Une hausse que leurs électeurs ne manqueront pas de leur reprocher par la suite. Surtout, cette décentralisation des règles du code de la route risque de perturber un peu plus encore les automobilistes traversant la France et devant adapter leur vitesse à chaque changement de territoire.

D’autres mesures qui font baisser le nombre de tués

Pour autant, si la vitesse est un élément déterminant dans la gravité des accidents, sa baisse moyenne dans l’hexagone n’est peut-être pas le seul facteur de la diminution du nombre de tués sur nos routes. Le durcissement du contrôle technique au cours des dernières années, et notamment l’augmentation des points de sécurité vérifiés, et justifiant une contre visite, en est une autre. Lorsque l’on y ajoute, la prime à la casse, et l’augmentation récent de son montant, on obtient un rajeunissement du parc automobile. Et les voitures neuves ou récentes, sont forcément plus sûres, et moins accidentogènes que des modèles plus anciens, ne serait-ce que par l’ajout de dispositifs de sécurité passive, dont certains sont devenus obligatoires, comme l’ABS, l’ESP ou de plus en plus répandus comme le freinage automatique d’urgence.