Les routes françaises en mauvais état

D’après le dernier rapport du WEF (Forum économique mondial), les routes françaises sombrent à la 18e place du classement mondial de l’infrastructure routière, soit 11 places de moins qu’en 2018.

routes françaises

Faudrait-il désormais un 4×4 pour affronter les routes françaises de l’hexagone ? Car s’il fut un temps où le monde enviait l’excellent état des routes françaises de l’hexagone, le classement mondial du WEF remet les pendules à l’heure : le réseau routier français a perdu 11 places en une année et se retrouve à la 18ème place, lorsqu’il était encore premier en 2012. Nid de poule, chaussée dégradée, mauvais revêtement, tous ces désagréments qui causent des accidents et envoient plus facilement les véhicules chez le garagiste (pneus, jantes, train avant détérioré…), font désormais partis du quotidien des automobilistes français. Un constat alarmant que l’Association 40 millions d’automobilistes – qui, en 2012, avait déjà alerté avec sa campagne « J’ai mal à ma route » – n’a pas oublié de souligner en interpelant l’Etat sur l’urgence d’un plan d’entretien de nos routes : « Il n’est pas concevable que la France ne préserve pas la qualité de son réseau : il s’agit de notre patrimoine de mobilité ». Cette dégringolade au classement serait fortement liée aux SUV de plus en plus nombreux qui sillonnent les routes françaises de l’hexagone et, à cause de leur poids, les dégraderaient plus rapidement. Mais pas seulement, loin s’en faut. Dans son communiqué l’association 40 millions d’automobilistes précise : « La France délaisse ce qui fait sa force. Avec plus d’un million de kilomètres de voiries, le maillage territorial fait la richesse de notre territoire. En délaissant l’entretien, la France prend le risque d’une dégradation qui obligerait à une réfection totale de la voirie. Les professionnels de la route estiment en effet que la réfection d’une route coute jusqu’à 7 fois plus cher qu’un entretien régulier. »

Routes françaises : 50% des chaussées à renouveler

Plus de doute, les routes françaises sont en mauvais état. C’est le WEF qui le dit. Et une bonne route, ça coûte cher. Pour que l’état du réseau routier soit à nouveau convenable, il faudrait investir un milliard d’euros par an jusqu’en 2037 d’après un récent audit commandé par le ministère des Transports. En 2018 déjà, la ministre Elisabeth Borne avait reconnu « l’état critique du réseau » devant les Sénateurs. L’audit portait alors sur seulement 12 000 kilomètres de routes et autoroutes gérés par l’Etat mais qui supportaient plus du tiers du trafic total. Et les résultats n’étaient guère flatteurs. Un rapport de l’Observatoire national des routes (ONR) avait fait le même constat en pointant du doigt un taux annuel de renouvellement des couches de roulement trop faible : de l’ordre de 4 à 5 % de la surface totale des chaussées, soit un renouvellement tous les 20 à 25 ans en moyenne au lieu des 10 ans préconisés, surtout pour les routes les plus empruntées au quotidien. Sur les routes françaises départementales, les couches de roulement ont par exemple un âge moyen de 13.3 ans. Evidemment, plus l’entretien des routes date, plus les déformations, les défauts d’étanchéité et les fissures guettent. C’est en moyenne à partir de 8 ans que l’usure du revêtement se fait sentir. Et au bout de 15 ans sans entretien, la chaussée subit d’importantes déformations. 

Plan de sauvegarde des infrastructures

La première enveloppe pour rénover les routes françaises de l’hexagone devrait être dépensée cette année. Au programme notamment, s’attaquer aux axes du réseau routier desservant les villes moyennes. Ainsi que des opérations d’amélioration d’itinéraire : créneaux de dépassement, déviation, voire, lorsque les trafics le justifient, passage à 2×2 voies sur certaines sections. Les choses sont claires : l’état de nos routes étant catastrophique, le point de non-retour est proche, sans oublier qu’une route en mauvais état peut être considérée comme accidentogène. « Le gouvernement et la Délégation de la Sécurité routière se doivent donc de vite réagir au lieu, peut-être, de ne focaliser que sur les radars », conclut l’Association 40 millions d’automobilistes.

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