Routes à 80km/h : la France roule moins vite

La baisse de la vitesse maximale sur les routes secondaires est effective depuis le 1er juillet. Quelles en sont les conséquences dans la vie quotidienne ?

Musique en voiture

Depuis 1er juillet minuit, c’est parti. 400 000 km du réseau secondaire sont touchés par une baisse de 10km/h de la vitesse maximale autorisée. En lieu et place des 90km/h, il faut dorénavant ne pas dépasser 80km.

Sur quelles routes ?

Toutes les routes à double sens, sans séparateurs, qui jusqu’ici étaient limitées à 90km/h voient donc leur vitesse baisser. Evidemment, celles qui étaient déjà réduites à 70 voir 50km/h ne voient pas leur vitesse augmenter. En ce qui concerne les routes à trois voies sans séparateur, la limite de 80 ne s’attache qu’à la voie unique. Celles, opposées, qui permettent de dépasser, restent limitées à 90km/h. Enfin, les routes à double sens, qu’elles comportent deux ou quatre voies et qui comportent un séparateur central restent limitées à 90km/h.

Quelles conséquences pratiques ?

Cette mesure touche avant tout la province, puisqu’en région parisienne, les quatre voies avec séparateur sont légion et les autoroutes de liaison nombreuses. Le boulevard périphérique parisien est déjà limité à 70km/h depuis 4 ans et dans Paris intra-muros, la vitesse moyenne constatée ne dépasse pas 15km/h. A la campagne, il en va tout autrement et la baisse de 10km/h aura des répercussions sur les déplacements. Ils vont mathématiquement augmenter même si, dans les faits, il ne sera pas indispensable d’avancer énormément son heure de réveil pour arriver au bureau à l’heure en empruntant sa voiture. Une très légère différence peu sensible. Même sur un trajet long de 100 km, la différence n’excède pas 8mn.

La fin des modifications de vitesse sous la pluie

Jusqu’ici, par temps de pluie, la vitesse maximale autorisée était de 80km/h sur les routes limitées à 90. Désormais les 80km/h s’appliquent à tout moment, quel que soit le beau ou le mauvais temps. Il en va de même pour la limitation à 80km/h pour les poids lourds. Elle s’appliquait avant dimanche et elle continue à s’appliquer.

Attention aux radars

A minuit pile, dans la nuit de samedi à dimanche, l’ensemble des radars automatiques ont automatiquement été conformé à la nouvelle règlementation. Le montant de l’amende à payer quant à lui ne change pas : il en coûte 45 euros pour des excès de vitesse inférieurs à 20 km/h et 90 euros quand la différence est de 30 km/h à 50 km/h. En revanche, lors des contrôles radars effectués par les forces de l’ordre elles-mêmes, Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière a demandé aux fonctionnaires de faire preuve de pédagogie plutôt que de répression. Du moins dans un premier temps.

Un gain en matière de sécurité

Il est évident qu’un choc à vitesse réduite est moins fort qu’à vitesse élevée. Et que les dégâts matériels comme corporels sont moins importants. De même, les distances de freinage sont moins longues à 80km/h, qu’à 90. D’autant que ce sont les routes secondaires, celles qui sont touchées par ces mesures, qui sont les plus accidentogènes. C’est ce réseau qui enregistre 55% des morts de la route chaque année.

Un gain en matière de pollution difficile à quantifier

Logiquement, moins l’on roule vite, moins l’on consomme et donc, moins l’on pollue. Et donc, les 80km/h devraient faire du bien à la planète et à nos poumons, Mais cette règle n’est pas toujours de mise. Car tout dépend de la voiture et du régime de son moteur. Si certaines autos disposent d’un couple suffisant pour évoluer en 6e à la nouvelle vitesse règlementaire, et donc économiser du carburant, d’autres resteront en 5e voir 4e et consommeront plus que nécessaire à cause d’un régime moteur trop élevé. Au final, la différence d’émissions de C02 ne devrait pas être affectée par cette mesure.