Fusion Renault-Fiat : la naissance d’un leader mondial

Renault-Fiat Fusion

C’est officiel. Fiat a proposé à Renault de fusionner. Si ce mariage voit le jour, Renault-Fiat (avec Nissan) et deviendraient numéro 1 mondial devant Toyota et Volkswagen avec 16 millions de véhicules, ou numéro 3 avec 8.7 millions d’autos vendues annuellement si Nissan est exclu du mariage.

L’action Renault s’est envolée en début de semaine à la bourse de Paris. Un bond du titre bien évidemment lié à la proposition de Fiat-Chrysler de fusionner avec la marque au losange et de réaliser une opération à 50/50. Si l’opération voit le jour, cela donnerait tout simplement naissance au numéro 3 en Europe derrière Volkswagen et même au numéro 1 mondial si on inclut l’alliance avec le japonais Nissan.

Renault-Fiat-Chrysler : sur le papier, le mariage donne envie

On pensait que Renault était totalement empêtré dans ses histoires avec Nissan. Contre toute attente, le groupe a pris le temps de négocier avec Fiat-Chrysler dans le but de devenir numéro 1 mondial et a même doublé PSA qui était aussi en discussion avec Fiat. Car lorsque deux géants se réunissent pour une alliance, voire une fusion, c’est un méga géant qui voit le jour. En effet, de très grandes synergies seraient alors attendues : 5 milliards d’euros sur 5 ans. Un projet porteur d’espoir pour Renault qui avait perdu 22% depuis le mois d’avril dernier et était en zone de turbulences (https://blog.vivacar.fr/renault-baisse-ventes/). Sur le papier, le mariage donne envie. Renault apporterait à Fiat Chrysler son ouverture sur le marché asiatique. Et, grâce à FCA, Renault pourrait aller sur le marché américain où il se vend beaucoup de SUV. L’autre atout fort intéressant qu’apporterait FCA à Renault, ce sont ses firmes haut de gammes : Alfa Romeo et Maserati. Enfin, les complémentarités sont évidentes : Renault est en avance sur l’électrique lorsque Fiat est en retard.

Ce que Nissan pourrait apporter

Depuis l’affaire Ghosn, les relations entre Renault et Nissan ne sont pas au beau fixe. Et le constructeur au losange a approché Fiat sans y associer Nissan. Pourtant, le japonais n’est pas exclu de ce mariage même si, a priori, les japonais ne veulent pas entendre parler de fusion et préféreraient d’abord se relancer. Nissan est même une facette importante des négociations avec FCA. L’atout du japonais : sa présence en Chine, où Renault et FCA font encore piètre figure. Quelle place pour le japonais Nissan dans ce possible géant européen ? A ce stade, Fiat dit que Nissan sera évidemment inclus dans l’opération et promet que les synergies profiteront au japonais. On propose même que Nissan ait un siège au conseil d’administration. Mais avec la naissance potentielle d’un géant européen et un véritable rééquilibrage des pouvoirs évidemment au détriment du japonais Nissan, cette fusion n’est pas forcément souhaitable.

Rééquilibrage annoncé

Ce mariage entre Renault et Fiat-Chrysler changerait les équilibres en termes d’actionnaires : Fiat entrerait au capital de Renault probablement aux alentours de 15%. Mais si l’ambition est de créer une fusion entre égaux, on sait qu’aujourd’hui Fiat produit plus que Renault et que sa capitalisation boursière est supérieure à celle de la marque au Losange. Fiat deviendrait donc à coup sûr le premier actionnaire de Renault et puisque la famille Agnelli détient environ 29 % du capital de FCA, la famille deviendrait le premier actionnaire du constructeur au losange si la fusion entre Renault et FCA aboutit. D’après Les Echos, le gouvernement français qui est actionnaire de Renault à hauteur de 15 % n’aurait rien contre cette fusion. Jean-Dominique Senard, le président de Renault, se serait d’ailleurs entretenu avec Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, afin de lui présenter ce projet.

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