Renault chamboule ses marques

Le groupe Renault s’apprête à se réorganiser autour de quatre marques afin de mieux positionner ses gammes, en visant un meilleur profit pour chacune d’entre elles. Une politique voulue par son nouveau PDG Luca de Meo, totalement contraire à celle de son prédécesseur Carlos Ghosn qui privilégiait les volumes.

marque renault

Luca de Meo, le nouveau directeur général de Renault arrivé début Juillet en pleine crise, n’aura pas traîné pour annoncer son nouveau plan stratégique. Et il est en totale opposition avec celui que son prédécesseur avait mis en place. Alors que Carlos Ghosn privilégiait les volumes de ventes, son successeur fait machine arrière et souhaite développer les profits quitte à réduire la voilure, à l’image de ce que Carlos Tavarès a réussi à introduire au sein de PSA. Pour y parvenir, le groupe va se réorganiser. C’en est fini des zones géographiques, place à la stratégie par marque. Elles seront quatre et chacune aura un objectif, un positionnement bien établi, histoire de ne pas empiéter sur le terrain du voisin. Annoncée la semaine prochaine, cette stratégie sera finalisée, et mise en oeuvre dès le début 2021.

Renault : la carte de l’innovation

 « La marque Renault a toujours été plus créative que les autres, c’est dans sa culture. Elle doit jouer la modernité et l’innovation. Renault peut incarner la nouvelle vague de l’industrie automobile », a expliqué Luca de Meo à l’AFP pour expliquer ce que le fleuron du groupe doit redevenir dans l’avenir. En clair, le boss entend bien renouer avec ce qui faisait le sel du losange des années 60 à 90 en matière de design et d’innovation technique. Car Renault fut un précurseur et, finalement, un influenceur. La marque a inventé le hayon, la fermeture des portières à télécommande, l’ordinateur de bord, la Twingo et le monospace. Depuis une dizaine d’années, l’ex-régie se contente de suivre les tendances, au lieu de les devancer. C’est avec cette avance permanente que le nouveau patron aimerait renouer. Et elle passe par l’embauche récente du designer qui a signé les Peugeot les plus vendues de ces dernières années : Gilles Vidal.

Alpine élargit son champ d’action

L’inquiétude planait sur la marque de Dieppe, filiale de Renault. Mais Alpine semble sauvé. Mieux : le nouveau patron a décidé d’en faire la marque sportive unique du groupe. Exit donc la division Renault Sport qui préparait les Clio RS et Megane RS. Les prochaines générations s’appelleront-elles Clio Alpine et Megane Alpine ? Réponse dans quelques mois. En tout cas, la marque Alpine devra se diversifier et ne pas se contenter de son A110 actuelle. Un SUV pourra donc bien voir le jour à Dieppe, ou sur un autre site. Enfin, pour faire connaitre la marque à l’international, l’écurie de F1 maison change de nom et sera rebaptisée Alpine dès la saison prochaine.

Dacia : la perle rare

C’est une exception absolue dans le monde de l’auto. En 20 ans, Dacia est devenue une marque ultra rentable tout en fabriquant des autos low cost. Ce succès, de Meo entend bien le préserver et même l’amplifier. Les nouveautés vont s’enchainer, toutes marquées du logo roumain. La nouvelle Sandero, best-seller Dacia sera présentée dans quelques jours et la première électrique de la marque déboulera dès l’an prochain. Quant au mélange de badges, puisque la moitié des Dacia vendues à travers le monde le sont sous la marque Renault, il devrait cesser. Les clients ayant parfois du mal à comprendre que leur marque qui tente de leur vendre des Renault de haut de gamme fabrique également des autos low cost, sous le même logo. 

Une nouvelle marque à venir

Enfin, et c’est une méthode utilisée par la plupart des grands constructeurs mondiaux, le groupe entend créer une quatrième marque dédiée aux nouvelles mobilité dont le nom n’est pas encore connu. Elle incluera les systèmes d’auto-partage principalement et pourra puiser dans les catalogues des autres entités du groupe.

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