Rappels : aucun constructeur ne manque à l’appel

Ils se multiplient depuis quelques années. Pourtant, cette hausse des rappels effectués par les marques pour des pièces défectueuses ne sont pas forcément le signe d’une mauvaise qualité de fabrication. Explications.

Elles se comptent en millions. Le nombre de voitures rappelées par leur constructeur pour des défauts de série explose. On se souvient évidemment du dieselgate Volkswagen pour lequel le groupe allemand, pris en défaut par l’administration américaine pour un logiciel truqué, s’est vu contraindre de rappeler 8,5 millions de modèles diesel pour en corriger le vice. Mais si ce retour au bercail d’un grand nombre de voitures le temps de quelques heures est spectaculaire et hyper-médiatisé, ce type d’opération se déroule (presque) chaque jour depuis une trentaine d’années et les derniers en date, Honda et son rappel de plus d’1 million de voitures, Alfa Romeo et ses 80 000 modèles ne font pas exception. Pour autant, les modèles incriminés et rappelés sont ils mal fabriqués ?

Des rappels préventifs

Dans le cas du groupe VW, et dans celui de FCA lui aussi concerné par des problèmes de pollution et contraint de rappeler plus d’1 million de voitures, le retour des véhicules a été exigé par la loi américaine. Mais dans la plupart des cas, ils sont effectués à titre préventif à l’inititaive de la marque elle-même Ce sont es rappels de prudence mis en place par des constructeurs dont, parfois, la fiabilité est légendaire, comme Toyota ou Honda. Ces marques se sont même fait une fierté de ce genre d’opérations, un moyen pour elles de parer à tout problème, même si de tels rappels coûtent très chers. Toyota détient même l’un des records du genre, avec un rappel de 9 millions de voitures en 2010. Lequel n’a jamais entaché sa réputation. Alfa Romeo vient de procéder de même. La marque italienne, qui a longtemps souffert de son manque de fiabilité, entend ainsi démontrer que c’est une réputation aujourd’hui dépassée. Pour autant, le record du monde de voitures rappelées n’est pas détenu par ses marques japonaises ou italiennes. C’est l’américain Ford qui le détient. Il a rappelé, en 1980, pas moins de 21 millions de voitures, pour un problème lié à ses boites automatiques.

Des pièces de provenance communes

On peut néanmoins s’interroger sur la multiplication des rappels depuis ces vingt dernières années. A l’heure où les normes de fabrication sont de plus en plus pointues, où tous les constructeurs ont fait d’impressionnants sauts qualificatifs, où les robots sont de plus en plus précis -et même plus que les hommes- qu’est ce qui peut justifier cette tendance à la hausse ? Elle est souvent lié à l’usage de pièces mécaniques et/ou électroniques défectueuses en provenance d’équipementiers. Ces très grandes entreprises travaillent pour plusieurs constructeurs et leurs vendent couramment les mêmes pièces. D’ou une certaine contagion lorsque l’une d’elle est défectueuse. Ce qui est le cas du Japonais Takata. Ce fabricant d’airbags s’est aperçu que l’un de ses modèles était défaillant. Il en a donc avertit ses clients, et, coup sur coup, Honda, Toyota, mais aussi BMW ont rappelé les autos qui en étaient équipé. Sachant que 80% des éléments d’une voiture sont fabriqués par ces sous-traitants, le risque d’une contagion en est d’autant plus grand.

Comment s’organise un rappel ?

Reste à savoir comment les clients propriétaires des voitures rappelées doivent procéder. Auparavant, les marques effectuaient parfois des rappels cachés et corrigeaient le tir au moment de récupérer les véhicules de leurs clients pour en assurer les révisions ou les réparations, sans forcément leur en parler. C’est terminé. Depuis 2009, ils ont l’obligation d’en avertir leurs clients par courriers. Ces derniers prennent ensuite rendez-vous avec leur concessionnaire qui change la pièce où assure la réparation de manière gratuite. On peut, évidemment, se soustraire au rappel, mais dans ce cas, la garantie ne saurait être maintenue si la pièce défectueuse est en cause. Et au moment de la revente de la voiture, il est de bon ton de pouvoir montrer aux éventuels acheteurs que les différents rappels ont bien été effectués. Ils sont d’ailleurs inscrits dans le carnet d’entretien.