PSA affiche des résultats insolents

Un bénéfice record, une marge opérationnelle exceptionnelle, un chiffre d’affaires en hausse : l’année 2019 apparait comme l’un des meilleurs crus de PSA, et surtout de son PDG Carlos Tavares.

PSA

Il affichait son sourire des grands jours en annonçant, hier matin, les résultats de son groupe. Et pour cause : tous les voyants sont au vert pour Carlos Tavares. PSA, le groupe qu’il dirige est aujourd’hui fort de cinq marques (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) et il est en passe d’en ajouter une brassée d’autres à son giron (Fiat, Lancia, Alfa, Maserati, Chrysler, Jeep, etc). Le chiffre le plus important de l’année, que le PDG s’est empressé de livrer à ses actionnaires et à la presse, est aussi le plus spectaculaire. PSA a engrangé un bénéfice de 3,2 milliards d’euros l’an passé. Il est en hausse de 13% par rapport à 2018. Pas mal pour une entreprise en faillite en 2013. A cet excellent résultat, s’ajoute une marge opérationnelle exceptionnelle de 8,5%, soit l’un des records de l’industrie automobile. Pour mémoire, celle de BMW connu pour être une marque ultra rentable, dépasse à peine les 7%. Côté chiffre d’affaires, la hausse est bien moindre puisqu’elle n’est que de 1% pour s’établir à 74,7 milliards d’euros.

La méthode Tavares

Mais comment expliquer ce décalage entre un chiffre d’affaires somme toute en petite hausse, et un bénéfice qui explose ? Trois raisons ont conduit à ce tour de passe-passe, et elles sont liées à la politique que le directeur de PSA a mis en place au sein du groupe PSA. Cette politique passe tout d’abord par une montée en gamme plutôt réussie, surtout pour la marque Peugeot. Contrairement à Renault, trop cantonné dans les petits modèles et qui a perdu plus de 141millions d’euros l’an passé, le lion vend beaucoup de 3008, le SUV best-seller, dont le prix moyen atteint 30 000 euros et dégage une bonne marge. Marge beaucoup moins élevée – sur une Clio à 15 000 euros. Quant aux modèles plus petits (208 et 2008), ils sont en train de grignoter du terrain sur Renault sa Clio, justement, mais aussi son Captur. Mais l’autre secret du patron de PSA, c’est d’avoir ordonné à ses troupes de renoncer aux remises accordées trop facilement aux clients. Des ristournes qui sont devenues un sport national pour tout acheteur de voitures. Et ça marche, puisque les clients en question ne renoncent pas pour autant. Mais pour y parvenir, encore faut-il disposer de modèles à succès. Et c’est le cas. La troisième raison qui explique la hausse spectaculaire du bénéfice de PSA est évidemment à chercher dans les méthodes de cost-killing de son dirigeant. Chez PSA, les économies se font à tous les étages, et notamment dans s-les négociations avec les fournisseurs.

L’embellie Opel

La marque allemande a particulièrement bénéficié des méthodes de son patron, puisque le blitz appartient au groupe PSA depuis trois ans. Pour commencer, Carlos Tavares a décidé d’arrêter tous les modèles anciens qui se vendaient mal (Adam, Karl, Mokka, Zafira, etc) pour les remplacer le plus vite possible par de nouvelles autos conçues sur des plateformes peugeot-Citroën. C’est le cas des SUV Crossland et Grandland qui partagent leur base avec les 2008 et 3008, mais aussi de la nouvelle Opel Corsa, cousine de la Peugeot 2008. Grâce à cette méthode, Opel est aujourd’hui rentable pour la première fois depuis 20 ans.

Un avenir plus incertain pour PSA

Reste que ce succès de toutes les entités -la marque Citroën a elle aussi fortement progressé l’an passé- ne doit pas occulter un proche avenir qui peut s’avérer plus tendu. Car le groupe FCA (Fiat Chrysler automobile) est en passe d’être absorbé par PSA. Et l’affaire pourrait bien être onéreuse. Le constructeur italo-américain n’est pas vraiment un champion des nouvelles technologies, ni de la recherche et développement. De plus, ses marques italiennes ne sont pas rentables. En outre, Peugeot comme Citroën et DS sont des marques trop européennes. Peu présentes en Chine, elles sont absentes de l’autre grand marché mondial que sont les Etats-Unis et essuient ces temps-ci la chute du marché sud-américain. Autant de problèmes à gérer pour le directeur de PSA qui a, au moins, l’avantage de disposer dorénavant d’un trésor de guerre pour y faire face.

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