Fusion PSA-Fiat Chrysler : la naissance d’un géant

Fiat Chrysler et PSA ont annoncé leur possible fusion à 50/50 dans le but de devenir numéro 4 mondial de l’automobile. John Elkann, président de FCA, conservera la présidence de son groupe franco-américain, tandis que Carlos Tavares, président du directoire de PSA, deviendra le directeur général du nouvel ensemble. Cette fusion est estimée à 3.7 milliards d’euros. 

PSA et Fiat

Une fusion à 50/50

Les fiançailles officielles entre PSA et Fiat-Chrysler ont été confirmées. Le but du rapprochement de ces deux groupes ? Devenir l’un des leaders mondiaux de l’automobile et accéder au groupe, très fermé, des industriels capables de fabriquer, à terme, plus de 10 millions de voitures chaque année. Grâce à une fusion à 50/50, le nouveau géant sera détenu à parité par les actionnaires des deux groupes. Pour une durée minimum de 5 ans, Carlos Tavares, actuellement président du directoire de PSA, deviendra le directeur général de la nouvelle entité, pendant que John Elkann, chef de file de la famille Agnelli et président de Fiat Chrysler Automobiles (FCA), en gardera la présidence. Le conseil d’administration sera composé de 11 membres (6 provenant de PSA, 5 de FCA). Et c’est au Pays-Bas que se trouvera le siège social du nouvel ensemble. Cependant, les trois sièges opérationnels demeureront basés dans l’Hexagone, en Italie et aux Etats-Unis. Le communiqué précise que les synergies colossales sont estimées à 3,7 milliards d’euros, sans fermeture d’usine. Et que 80 % d’entre elles seront atteintes dès la quatrième année.

PSA-Fiat Chrysler : numéro 4 mondial

« C’est une très belle opération, très logique pour les deux groupes… bien davantage que ne l’était un mariage avec Renault », souligne un haut dirigeant du secteur. Après avoir, en vain, tenté un rapprochement avec PSA, John Elkann avait fini par solliciter Renault début 2020, mais, à cause d’un désaccord avec Nissan, le deal avait échoué, au grand regret du président de Renault, Jean-Dominique Senard. Les Agnelli ont donc souhaité trouver urgemment un autre partenaire pour renouveler sa gamme et son électrification, condition sine qua non pour s’assurer un avenir viable. Et il se trouve que PSA se porte très bien. De quoi donner naissance à un nouveau géant de l’automobile. Car avec 8.7 millions de véhicules vendus à eux deux et 184 milliards de chiffre d’affaires, cette fusion les propulserait à la 4èmeplace mondiale du secteur automobile, juste derrière Volkswagen, Toyota et l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. En cumulant les 5 marques de PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall), et les 9 de FCA (Fiat, Chrysler, Alfa Romeo, Jeep, Abarth, Lancia, Maserati, Dodge et Ram), cela ferait un total de 14 marques allant de modèles basiques à des modèles de luxe. De plus, les deux groupes sont également très complémentaires sur le plan géographique : le groupe PSA est très présent en Europe tandis que la force de FCA se trouve en Amérique du Nord et en Amérique Latine. D’ailleurs, le franco-américain ne doit son salut, et son bénéfice, qu’à sa partie située outre-Atlantique, puisqu’il perd de l’argent en Europe.

La Chine : le grand défi de PSA-Fiat Chrysler

Mais, malgré la fusion, l’alliance PSA et Fiat-Chrysler ne totaliseraient qu’un pourcent de parts de marché en Chine. Une absence quelque peu navrante puisque le marché chinois est de loin le plus gros au monde. Malgré un recul des ventes inédit depuis 1990, la Chine reste le marché à fort potentiel à conquérir pour tous les constructeurs mondiaux. Si Renault aurait pu apporter de nouveaux débouchés en Chine, le groupe PSA, lui, a fait grise mine chez les chinois l’an dernier (recul de 34%) et FCA n’a pas fait mieux. Il restera donc du pain sur la planche à l’alliance PSA-FCA pour mettre en place une stratégie solide en Chine, pays incontournable pour un groupe à vocation mondiale.    

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