Prime à la conversion : les nouvelles conditions

La prime à la conversion a été victime de son succès. Comme elle lui coûte beaucoup trop cher, l’Etat a décidé de restreindre les bénéficiaires de la prime à la conversion depuis le 1er Août 2019. A qui s’adresse désormais ce coup de pouce financier ? Voici les nouvelles conditions pour avoir accès à la prime à la casse au jeu remanié.

prime à la conversion

Si vous avez apprécié la prime à la conversion 2018, vous allez moins adhérer à la nouvelle version 2019 qui sévit depuis le 1er août dans l’hexagone. Car, pour bénéficier de l’aide de l’Etat en mettant votre vieille guimbarde à la casse, les critères deviennent nettement plus sévères qu’auparavant. Il faut dire que la prime à la conversion 2018 avait été victime de son succès avec plus de 220 000 dossiers déposés et une facture salée pour l’Etat de près de 900 millions d’euros alors qu’une enveloppe de 600 millions avait été prévue. Face à cet afflux, le gouvernement n’avait donc plus qu’une solution : raboter cette prime à la conversion 2019 en réduisant le périmètre des autos éligibles.

Prime à la conversion : Il va falloir acheter du neuf

Si vous comptiez remplacer votre auto par un véhicule moins âgé, c’est raté. Pour réduire drastiquement le nombre de bénéficiaires à la prime à la conversion, l’Etat a non seulement abaissé le seuil maximal d’émissions de CO2 mais raye aussi les véhicules d’occasion de la liste des véhicules éligibles à la prime. Pourtant, les voitures de seconde main concernaient 67% des primes à la casse depuis le début de l’année 2019. Un marché de l’occasion dominé par les voitures diesel (62% selon Autoscout24). Mais le gouvernement compte clairement verdir le dispositif et réaliser aussi des économies. Seuls les diesels immatriculés à partir de septembre prochain apparaîtront désormais sur la liste des autos éligibles. Plus globalement, votre nouveau véhicule doit émettre moins de 117 g/km de CO2 contre, précédemment, 122 g/km. Et ces quelques grammes changent complètement la donne puisque de très nombreux modèles de voiture, dont les familiales et les diesels, sont exclus.

Votre revenu fiscal pris en compte

Que vous soyez imposable ou non ne change désormais plus rien dans le jeu totalement remanié de la prime à la conversion. C’est le revenu fiscal qui importe, lequel ne doit pas dépasser 13 489 euros par personne. Une façon de s’adresser aux revenus les plus modestes et d’écarter les familles aisées du processus. Pour rester dans la même veine, les véhicules de plus de 60 000 euros sont exclus du dispositif car une centaine de personnes avaient reçu un chèque pour acquérir une Tesla, une BMW ou une Audi à plus de 50 000 euros.

Les concessionnaires en colère

En mettant à plat « sans concertation » le dispositif en plein cœur de l’été, ce nouveau décret ne réjouit guère les concessionnaires. Le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), qui représente notamment les concessionnaires, dénonce cette nouvelle prime à la conversion qui « anéantit complètement le dispositif qui permettait d’aider les ménages à acquérir un véhicule moins polluant ». Le CNPA estime que les « montants d’aide ont été drastiquement diminués » avec, pour unique objectif de maîtriser les dépenses publiques et réclame « en grande urgence une rencontre » avec Elisabeth Borne, la nouvelle ministre de la transition écologique et solidaire.

Seule la filière du biéthanol se réjouit de cette nouvelle prime à la conversion. En effet,le superéthanol E85 réduit de plus de 40 % les émissions nettes de CO2. Ce qui incitera sûrement les automobilistes à se tourner vers cette énergie verte.

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