Petit coup de spleen sur les ventes de SUV

suv-seat-ateca

L’augmentation des ventes de berlines au cours des derniers mois se fait au détriment des SUV compacts. Le marché est-il en route vers la fin de leur omniprésence depuis cinq ans ?

Ce n’est qu’une tendance, mais si elle se confirme, elle pourrait bien donner un coup de frein à une hausse observée depuis cinq ans et qui concerne les ventes de SUV compacts. Car depuis la fin de l’été, les berlines et les breaks semblent sortis de leur torpeur, au détriment des autos hautes sur pattes. Car avant le mois de septembre, les bonnes vieilles voitures classiques avaient perdu du terrain. Durant tout le premier semestre, les berlines compactes ou plus grandes se morfondaient sous la barre des 50% des ventes, à 49,1% exactement. Leur part de marché s’est même effondrée pour atteindre 45,8% au cœur de l’été. Cette chute est évidemment liée aux SUV qui n’en finissent pas de grignoter du terrain. Les Peugeot 3008, Renault Kadjar et autres Nissan Qashqai n’ont pas cessé de causer des misères aux voitures basses.

Les berlines reprennent du poil de la bête

Et voilà que, et c’est une surprise, depuis la rentrée, la tendance s’est inversée. Au cours des mois de septembre et octobre, les berlines ont repassé la barre fatidique des 50% pur culminer à 53,1% ces temps-ci. De leur côté, les SUV compacts ont plongé, passant de 39 à 34,8%.

Mais que c’est-il donc passé ? Par quel miracle les Français se sont-ils lassés de cette forme de voitures qu’ils plébiscitent pourtant depuis 2013 ? Envie de se distinguer ? Consommation excessive ? Les deux à la fois, sans doute. Peut-être qu’à force de voir leurs voisins rouler en SUV, comme eux, les Français s’en détournent. D’autant que rien ne ressemble à un crossover qu’un autre crossover. La forme générale de ces autos ne permet pas aux designers de laisser s’exprimer leur créativité. Contrairement aux berlines. Les meilleurs exemples récents sont à chercher du côté de la Volkswagen Arteon, Peugeot 508 et Kia Stinger, qui inaugurent un nouveau style : celui du coupé 4 portes.

Trop lourds et trop énergivores ?

Du coup, les amateurs de SUV, qui en ont acheté un premier s’interrogent peut-être au moment de le renouveler. Pourquoi acheter son clône ? Alors qu’en version compacts ou plus longue, les berlines proposent d’aussi bonnes prestations. Voir meilleures, en terme de confort et de tenue de route. Peut-être, aussi, ont-ils été échaudés, car l’entretien d’un Sport Utility Vehicle coûte cher, notamment en pneumatiques. Ces engins, plus haut et plus lourds, usent de la gomme. Une gomme qui coûte plus cher que sur une auto standard car plus grande. Et puis, à moteur équivalent ils consomment un peu plus, surpoids oblige. Alors, au temps du carburant dont les prix s’envolent, au temps, aussi, de la fin annoncée du diesel, les français réfléchissent à deux fois au moment de signer un bon de commande pour un SUV essence.

Les mini-SUV continuent leur envolée

Évidemment, cette petite baisse des ventes des SUV n’est peut-être qu’un épiphénomène, d’autant qu’elle ne touche que les SUV compacts. Car du côté des modèles plus petits (Peugeot 2008, Renault Captur, Volkswagen T-Roc, Fiat 500X) tout va bien. Depuis le début de l’année, leurs ventes explosent. Le Ford Ecospsort, pourtant loin de la tête du classement a même vu ses immatriculations augmenter de 68%. Pourquoi ces petits SUV font mieux que leurs grands frères et remplacent petit à petit les citadines polyvalentes (Renault Clio, Peugeot 208, Ford Fiesta) ? Car leurs tarifs ne sont pas excessifs (ils coûtent, en moyenne 20 000 euros), parce que, plus légers que les Compacts, ils supportent aisément les motorisations essence et parce que, en plus de tous ces avantages là, ils offrent, en plus, une habitabilité supérieure aux petites berlines. En fait, les Français sont, avant tout, des pragmatiques.