Le Grand Paris banni les vieux diesels dès l’année prochaine

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Dans 79 communes d’Ile de France, les moteurs diesel d’avant 2001 seront interdit de séjour. Une mesure sans verbalisation. Dans un premier temps du moins.

L’agglomération étendue de la ville de Paris n’existe pas encore dans les faits, mais elle va naître sur les routes d’Ile de France dès le 1er juillet 2019. Les élus de la région viennent de le voter et à cette date, une nouvelle mesure de restriction de la circulation entrera en vigueur. Au programme : l’interdiction de rouler pour toutes les voitures équipées d’un moteur diesel datant d’avant 2001. Elles circulent actuellement équipées d’une vignette Crit’Air 5.

800 000 voitures concernées

Cette interdiction, qui s’applique déjà à Paris intra-muros, va donc déborder du périphérique et englober les 79 communes situées entre ce dernier et l’autoroute A 86 qui ceinture toute la région parisienne. 800 000 véhicules seront concernés par cette mesure. Toutefois, les villes ou cette règle doit s’appliquer peuvent s’en absoudre, au travers d’un décret municipal. On imagine la complexité d’un propriétaire d’un modèle incriminé, obligé de se renseigner au préalable en fonction de son trajet. A noter que le Grand Paris, en l’état du projet, comprend 131 communes et s’étend bien au-delà de la ceinture de l’A86. Moins de la moitié du futur territoire est donc concerné.

Un temps d’adaptation

Reste que, pour permettre aux Franciliens de s’adapter à cette nouvelle donne, Patrick Ollier, le président de la métropole Grand Paris a indiqué qu’il n’y aura pas, dans un premier temps, de verbalisation. Il a ajouté qu’il attendait une aide de l’État pour l’installation de caméras de vidéo verbalisation, ce qui, toujours selon le patron de la future grande agglomération, ne devrait pas être réalisé avant 2020.

Des aides pour changer de voiture

Pour accompagner cette mesure, l’exécutif prévoit également des mesures d’accompagnement destinées à aider les propriétaires les plus modestes à changer de voiture. Elles seront calquées sur la prime de reconversion actuellement versée à l’ensemble des Français répondant aux critères et qui peuvent aller jusqu’à 11 000 euros de remise pour ceux, les moins fortunés, qui souhaitent se débarrasser d’un vieux diesel et acheter une voiture récente (neuve ou d’occasion) plus propre. Dans le cas des habitants des communes concernées par la nouvelle interdiction en région parisienne, elle pourrait atteindre jusqu’à 16 000 euros.

Une première mesure suivie d’autres

Si cette interdiction est une première hors d’une grande ville française, elle devrait être suivie d’autres restrictions dans les années à venir. La métropole du Grand Paris suivant à la trace les usages de la ville de Paris, elle devrait prévoir d’autres mesures du même ordre. Car à l’intérieur du périphérique, au cœur de la capital, les voitures diesel immatriculées entre 2001et 2005, aujourd’hui autorisées, seront interdites dès le 1er janvier 2021. Un an plus, tard, viendra le tour des autos au gazole immatriculées entre 2006 et 2010.

D’autres capitales encore plus restrictives

Reste que si certains automobilistes considèrent que Paris est une ville très restrictive envers les voitures polluantes, il suffit d’effectuer un petit tour d’Europe pour voir qu’il n’en est rien. A Berlin, la zone de restriction autour du centre-ville est déjà étendue à 15km, ce qui correspond peu ou prou à la distance entre Paris et l’autoroute A86. Quant à Londres, ville très étendue à l’instar du Grand Paris, le diesel y sera banni dès 2020. Quant à Madrid et Copenhague, les deux capitales espagnoles et danoises ont d’ors et déjà programmé la fin des voitures, sur leur territoire à l’horizon 2025, quel que soit leur moteur. Finalement, Paris et le Grand Paris connaissent un petit répit.