Nouvelles normes d’homologation : ce qu’elles vont changer pour vous

Au 1er septembre prochain, les chiffres de consommation annoncés pour chaque voiture neuve vont évoluer pour se rapprocher de ceux constatés dans la vie de tous les jours. Un changement des normes d’homologation qui peut également faire évoluer la facture du bonus/malus.

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On le sait tous, entre la consommation annoncée sur les fiches techniques des voitures et la réalité, il y a un gouffre qui peut atteindre 30% lors de la conduite dans la vraie vie. La faute aux normes d’homologation NEDC (New European Driving Cycle) actuellement en vigueur, et aux tests effectués pour les obtenir qui permettent d’optimiser au maximum cette consommation. Et pour cause : le véhicule passe de 0 à 50 km/h en 26 secondes et sa vitesse moyenne est de 33 km/h. En plus, ce test s’effectue à une température comprise entre 20 °C et 30 °C et au volant, se trouve un pilote professionnel, rôdé à l’écoconduite. On est effectivement très loin des conditions d’utilisation réelle et quotidienne d’une auto.

Une nouvelle norme plus réaliste

Après le scandale du Dieselgate et ses soubresauts, la commission européenne a décidé d’agir et dès le 1er septembre prochain, le WLTP sera mis en place (Worldwide Harmonised Light Vehicle Test Procedure). Ce nouveau test se veut plus conforme à la réalité, et, à priori, il l’est. Les procédures se dérouleront dorénavant en trois parties de même kilométrage. La première s’effectuera en zone urbaine avec une vitesse maximum de 60 km/h. La deuxième partie se déroulera en zone péri-urbaine fluide, à des vitesses comprises entre 60 et 90 km/h. La dernière, enfin, empruntera l’autoroute entre 90 et 145 km/h. Quant à la température extérieure à laquelle ce test se déroulera, elle sera de 14°, plus conforme à la moyenne annuelle.

Les constructeurs sommés de s’adapter

Mais des tests plus réalistes conduiront forcément à une hausse des consommations annoncées. Ce qui est bon pour le consommateur qui pourra choisir sa nouvelle auto en connaissance de cause. Mais ce nouveau test a plusieurs revers, pour l’acheteur final comme pour le constructeur. Car les tests déterminent l’homologation ou non d’un véhicule, et donc sa possibilité d’être vendu sur le marché européen. Conciliante, Bruxelles autorisera les marques à dépasser les nouvelles normes de 2,1 fois leur valeur pour leur permettre de développer de nouveaux moteurs. Mais attention : dès janvier 2020, les nouveaux véhicules, et janvier 2021 pour tous les véhicules, les constructeurs devront être dans les clous.

Les conducteurs dans le flou

Si les constructeurs disposent d’une feuille de route, le sort des acheteurs est plus flou. Car les nouvelles normes vont forcément augmenter le taux de rejet de C02 affiché sur la voiture qu’ils achètent. Or, c’est ce dernier qui conditionne le prix du malus à verser, ou du bonus obtenu. Ainsi, une Peugeot 308, l’un des best-seller national, équipé du plutôt propre 1.2 Puretech de 130ch, affiche aujourd’hui 117g de CO2/km. Elle échappe donc au malus. Mais dès le mois de septembre, avec la norme WLTP, elle en affichera 140g, conditions réelles et consommation en hausse oblige. Elle devrait donc être taxée à hauteur de 140 euros. En principe, et sous réserve de confirmation officielle, rien ne devrait changer en cours d’année. Le ministère de la transition énergétique devrait prendre en compte la version basse de la norme, celle consommant le moins et correspondant au taux actuel. Mais le gouvernement travaille actuellement à un nouveau barème de malus.

La France n’est pas le pays le plus taxé d’Europe

Évidemment, il est toujours douloureux de devoir s’acquitter d’une somme comprise entre 100 et 10 500 euros qui alourdit la facture d’une auto. Pour autant, cette pratique n’est pas une spécialité française. 20 pays de l’Union usent de la même pratique du bonus/malus. Et pour ceux qui prétendent que la France est un champion du monde des impôts directs ou indirects (et le malus en est un), rappelons le palmarès établit par l’ACEA (association des constructeurs européens d’automobiles). L’organisme a désigné le gagnant et il s’agit de l’Allemagne, avec 90,5 milliards ponctionnés par an. La France n’arrive qu’en deuxième position avec 73,5 milliards d’euros. Une maigre consolation au moment de payer l’addition.