Nissan et l’Europe : la fin d’une histoire d’amour ?

Selon l’agence Reuters, le Japonais pourrait réduire la voilure entre Nissan et l’Europe. Même si Nissan dément l’information, une telle manœuvre n’est pas à exclure. Explications.

Nissan et l'Europe

Le Covid19 n’y est pour rien, même si la crise que le virus a engendré n’a fait que précipiter les choses pour Nissan et l’Europe. Après un exercice 2019/2020, plutôt chaotique en Europe, et même dans le monde, Nissan envisagerait de se retirer partiellement du vieux continent. C’est du moins le sens d’une dépêche Reuters lundi. Selon l’agence, le Japonais pourrait décider de réduire sa gamme sur le vieux continent pour laisser la place à son allié Renault qui y est, logiquement, beaucoup mieux impliqué.

Exit la Micra

Toujours selon Reuters, Nissan et l’Europe ne pourront conserver à son catalogue européen, que ses deux best-sellers : les SUV Juke et Qashqai. Ce retrait partiel pourrait donc condamner le troisième crossover de la marque, la grand Xtrail, le pick-up Navara, mais aussi les coupés GTR et 370Z, dont une nouvelle livrée devait débarquer bientôt. Ces coupes franches dans la gamme pourrait également toucher l’électrique Leaf et la citadine Micra.

Nissan et l’Europe : une information démentie

Reste que les dirigeants de Nissan Grande Bretagne ont démenti en bloc ces informations sur Nissan et l’Europe auprès de nos confrères d’Automotive News. Fin de l’affaire ? pas vraiment, car au regard des chiffres récents, une telle analyse, et une telle conclusion de la part de Reuters parait pour la moins logique. A la fin de ce mois, le constructeur japonais devrait annoncer des pertes évaluées, pour le moment, entre 700 et 800 millions d’euros, ce qui n’était jamais arrivé depuis l’an 2 000. Il reconnait également être régulièrement en sur-production, fabriquant, bon an mal an, près de 7 millions de véhicules, dont certains sont bradés, voir vendus à pertes, notamment aux Etats-Unis. Le remède ? réduire la production au niveau mondiale pour redevenir rentable et ne plus assembler que 5,5 millions de véhicules.

Céder sa place à Renault ?

Pour y parvenir, plutôt que de réduire la voilure sur les marchés comme les Etats-Unis et l’Asie, ou Nissan bénéficie d’une énorme notoriété, il serait tentant de rendre plus discret la relation entre Nissan et l’Europe. Une opération déjà amorcée l’an passé avec le retrait total de la marque haut de gamme du groupe, Infiniti, dont les modèles, malgré d’indéniables qualités, n’ont jamais trouvé leur clientèle. Ce départ serait aussi une manière de laisser le champ libre à l’allié Renault.  Car le losange est lui aussi en difficulté et a annoncé il y a deux mois avoir perdu 462 millions l’an passé. Eliminer un concurrent ne saurait donc que l’arranger. Sauf qu’un retrait, même partiel, de Nissan et l’Europe pourrait poser divers problèmes.

Plus de voitures électriques pour l’Europe ?

En premier lieu, l’arrêt de la vente de la citadine Micra en Europe, son principal continent de distribution, poserait de sérieux problèmes à l’usine française de Flins où elle est assemblée. Ensuite, le retrait de la Nissan Leaf du marché du vieux continent, mais aussi du nouveau petit SUV électrique qui devait compléter la gamme, ne va pas aider les véhicules restants à atteindre la moyenne minimum de 95g de CO2/km, puisque ce taux de rejet d’émissions est calculé sur l’ensemble de la gamme.

Une réponse bientôt

Alors quel sera le véritable avenir de Nissan et l’Europe ? Nul ne le sait. Toujours est-il que la marque n’est pas au mieux de sa forme. La Micra, qui devait logiquement devenir le best-seller de la gamme, n’a pas, depuis son lancement il y a deux ans, le succès escompté. Quant au nouveau Juke, arrivé très longtemps après le premier modèle qui avait réalisé un carton en inventant le genre du SUV urbain en 2010. Quelles que soient les décisions qui seront prises par les dirigeants de la firme japonaise, on devrait être fixé rapidement, puisque le 28 mai prochain, Nissan annoncera ses résultats et sa stratégie à venir.

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