Mini : 60 ans après, le mythe perdure

Mini rétro rouge

La petite anglaise fêtera ses 60 printemps en début d’année prochaine. Retour sur une saga qui compte des hauts et des bas. Mais qui est loin d’être achevée.

Peu d’autos ont une histoire aussi longue que la Mini. Et peu d’entre elles trimballent autant de saveurs que la petite et mythique anglaise. Elle va d’ailleurs fêter ses soixante ans d’ici quelques semaines et, à cette occasion, elle sera la vedette du salon Rétromobile qui se tiendra du 6 au 10 février prochain à la Porte de Versailles à Paris. Mais la Mini, c’est d’abord et surtout l’histoire d’un homme, sir Alec Isigonis, qui le premier, a pensé une voiture toute petite, très habitable, et très agile, surtout en ville.

Une guerre pour acte de naissance

Mais en fait, le projet est né en raison d’un événement dramatique. En 1956, le président égyptien Nasser nationalise le Canal de Suez, s’en suit une courte guerre menée contre lui par une coalition animée par la France, le Royaume-Uni et Israël. Le canal, par lequel transite les tankers venus du Golfe est bloqué et une hausse des carburants durable est à craindre. Il n’en sera rien, mais à la direction de British Motors Corporation, on prend les devants et le board demande à son chef ingénieur, l’anglo-turc Alec Isigonis de concevoir une auto peu gourmande. Mais le génial inventeur ne veut pas se contenter de créer une nouvelle 2ch, ou un clone de Coccinelle. Sa voiture mesurera 3,05m et, en plaçant le moteur de façon transversale à l’avant, et en glissant la boite de vitesse sous ce même moteur, le gain de place est maximum. Grâce à cette architecture, 80% de l’espace de la voiture est dévolu à son habitabilité. Du jamais vu à l’époque. Trois ans plus tard, en 1959, la Mini est dévoilée et commercialisée. Sous le capot, le petit moteur de 994cm2 lui permet d’atteindre 145km/h en vitesse de pointe, grâce à son poids plume (620kg), obtenu notamment par la monte de roues de 10 pouces seulement et de suspensions simplifiées mais efficaces.

L’impossibilité de lui trouver un successeur

Le succès est immédiat, d’autant que la Minor Mini Morris, de son vrai nom de baptême, est abordable. Il va perdurer tout au long des années 60, appuyé par la présence de la petite auto en rallye ou son poids et son agilité font merveille. Des versions sportives, baptisées Cooper, apparaissent et l’anglaise est déclinée en pick-up, en voiture de plage et en break. Le monde change, mais pas elle. En 1980, Rover, qui détient désormais la marque Mini décide de lui trouver un successeur, après en avoir écoulé 5,3 millions d’exemplaires. La Metro apparaît mais elle n’aura jamais l’aura de sa devancière. Quant à l’industrie automobile anglaise, elle est en crise. Rover tente bien de ressusciter le mythe Mini en 1990, mais il est trop tard. Au bord de la faillite, l’entreprise est rachetée par BMW en 1994. L’Allemand s’offre ainsi, au passage, et au delà de Mini, les marques MG, Land Rover et, bien entendu, Rover.

Une renaissance allemande

6 ans plus tard, BMW décide de ressusciter le mythe de la petite auto et de créer une marque rien que pour elle. Elle s’appelle évidemment Mini et le premier modèle débarque la même année. Si elle n’a pas grand chose à voir avec l’originale, elle conserve néanmoins quelques lignes qui la rendent parfaitement identifiable. Mais désormais, c’est une citadine premium de plus de 1 000 kg, avec des moteurs (dont un diesel) qui développent entre 75 et 210ch. Rapidement, le constructeurs allemand décline le modèle, d’abord en cabriolet, puis en roadster et en version 5 portes. Le break (Clubman) débarque dans la foulée, et, quand la mode des SUV fut venue, celle qui était à l’origine une petite citadine s’est muée en Crossover (Countryman). La saga continue donc et, en presque vingt ans de Mini à la sauce allemande, elle en est à sa troisième version. Elle connaît de subtiles évolutions, mais il est difficile de transformer une ligne qui a traversé 6 décennies.