Les très petites voitures vont elles disparaître ?

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Difficiles à rentabiliser pour les constructeurs, moins achetées que les citadines polyvalentes, certaines micro citadines ne seront pas renouvelées et d’autres uniquement disponibles en version électrique. Décryptage d’une tendance inexorable.

La nouvelle est tombée la semaine passée : Toyota et PSA, qui fabriquent en commun trois petites citadines (Citroën C1, Peugeot 108 et Toyota Aygo) jettent l’éponge et leurs modèles actuels n’auront pas de descendance, même si, par ailleurs ils vont développer en commun des utilitaires. Dans la même veine, Smart, qui fabrique sur les mêmes chaines sa Forfour et la Renault Twingo annonce qu’à partir de 2020, il ne fabriquera plus que des autos électriques, ce qui compromet aussi la succession de la Française. Cette désaffection pour les micros citadines n’est pas seulement lié aux consommateurs qui boudent ce type de voitures, mais aussi aux constructeurs qui ne parviennent pas à les rentabiliser.

Petites, mais chères à fabriquer

La plupart des ces voitures, c’est le cas des Toyota-PSA, mais aussi des Suzuki Celerio et Hyundai I10, sont vendues, en entrée de gamme, sous la barre symbolique des 10 000 euros. Et la marge prélevée par les constructeurs sur ces modèles est peu élevée. Évidemment, ce peu de rendement à l’unité peut s’en trouver améliorée en cas de ventes en nombre. Or ce n’est pas le cas de ces petites voitures. Les consommateurs les boudent, même à ces prix bas. Les Renault Twingo et autres Peugeot 108 se vendent, en moyenne, cinq fois moins que les Renault Clio et Peugeot 208. En cause : le manque de polyvalence des petites. A l’aise en ville, elles sont à la peine à la campagne et sur autoroute, alors que les autos du segment B, les citadines polyvalentes, comme les fameuses Clio et 208 sont partout à leur place et coûtent, à équipement égal, à peine 2 000 euros de plus.

Les secondes voitures d’un foyer

Résultat de ce manque de polyvalence : les micro citadines sont souvent reléguées au rang de seconde voiture d’un foyer. Or, même dans des foyers plutôt aisés, la deuxième voiture est souvent une occasion plutôt ancienne, l’investissement dans une auto neuve étant réservé au premier véhicule, plus grand, et plus cher. Quant aux ménages qui s’offrent une seule voiture, ils n’optent que rarement pour une petite auto du segment A, celui des fameuses micros citadines en voie d’extinction.

Un avenir électrique

Reste que ces petites font merveille en ville, un domaine tout indiqué pour la voiture électrique. D’ou la tentation, pour une marque comme Smart, de basculer entièrement vers cette énergie, ce qu’elle va s’employer à faire dès l’an prochain. Mais les batteries, cœur d’une voiture électrique, coûtent cher. L’une de ses petites autos est déjà disponible en version zéro émission. Il s’agit de la Volkswagen E-Up, jumelle des Skoda Citigo et Seat Mii. La version à watts est vendue 27 600 euros, alors que la version thermique de base s’affiche à 10 700 euros. Le groupe Volkswagen s’interroge d’ailleurs sur le futur qu’il souhaite donner à ses trois autos, tout comme le groupe coréen Hyundai-Kia, dont la descendance de ses Kia Picant et Hyundai I10.

Une clientèle tentée par le low cost

Mais si les clients ont déserté le marché des micros citadines, ils se sont consolés avec celui du low-cost. Plus grandes, plus polyvalentes, ces voitures s’affichent au même prix, et même parfois moins, comme la Dacia Sandero, la voiture la plus achetée en France par les particuliers. Un phénomène que Ford a parfaitement compris. Sa petite citadine Ka n’est plus. A la place, l’Américain produit depuis deux ans une Ka+ qui repose sur la base de l’ancienne Fiesta, plus grande et s’affiche à moins de 10 000 euros. Une manière de faire du low cost sans en avoir l’air.

Un futur dédié à l’autopartage

Pourtant, tous les constructeurs ne désarment pas. Et les micro-citadines ont peut être un petit avenir. Smart, on l’a dit, va se consacrer entièrement à l’électrique, mais cette marque n’a jamais produit d’autos à 10 000 euros et n’espère même pas, avec ses futurs modèles séduire les particuliers. Son truc, c’est l’autopartage, la voiture en libre service accessible dans les grandes villes. L’équipementier Valeo compte sur les mêmes ressources pour lancer, ou convaincre un constructeur que sa petite électrique présentée en janvier dernier au CES de Las Vegas est dans la course. Le prototype en question est une toute petite auto de 600 kg et deux places. Son autonomie est limitée comme son prix : 7 500 euros. Poids minimum, équipement minimum, autonomie minimum : un cahier des charges parfait pour une utilisation locative irrégulière, pas pour une auto utilisée régulièrement, matin et soir. L’avenir des micros citadines est donc bel et bien dans cet autopartage en plein développement.