Voiture électrique : Macron veut un « Airbus des batteries »

Pour tenter d’enrayer la main-mise asiatique sur les batteries des voitures électriques, le président de la république injecte 700 millions d’euros pour faire émerger un géant européen du watt.

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La batterie représente, à elle seule, 30 % de la valeur d’un véhicule 100 % électrique. Or, actuellement, en France, les fournisseurs de cellules de batteries pour automobiles sont exclusivement asiatiques. Une solution qui ne satisfait pas Emmanuel Macron qui, lors du gala du centenaire de l’Organisation internationale des constructeurs automobiles (OICA), a insisté sur la nécessité d’un « réveil européen » dans le domaine des batteries des voitures électriques. La stratégie pour pouvoir rivaliser avec les constructeurs chinois et coréens : injecter 700 millions d’euros pour contribuer à l’émergence d’une filière européenne de batteries.

Une production de batterie en Europe

A l’heure où la transition énergétique s’apprête à faire exploser le besoin en composants de voitures électriques, l’Europe et la France doivent rester en première division industrielle. D’où une première mesure stratégique structurante que souhaite développer le Président de la République Emmanuel Macron pour développer une filière européenne de la batterie capable de rivaliser avec les constructeurs asiatiques. Pour concrétiser cette perspective d’un « Airbus des batteries » pour l’automobile, l’État débloquerait 700 millions d’euros, prévus pour être remboursés sur cinq ans, afin de soutenir le développement de la filière de batteries électriques de nouvelle génération. Construit autour d’un consortium franco-allemand (700 millions pour la France, 1,12 milliard d’euros promis par l’Allemagne), ce projet a été présenté comme un « chantier prioritaire » du gouvernement.

Multiplier les ventes de voitures électriques en France

Une fois ce cadre industriel posé, reste à convaincre les clients d’acheter des autos électriques. L’enjeu : monter en puissance en matière de vente, pour atteindre le chiffre de 1 million de véhicules électriques rechargeables sur les routes de France en 2022 (contre 207 000, fin 2018). D’après M. Mosquet, coauteur du rapport, il faudrait doubler les ventes pour atteindre + 50 % afin d’être au niveau des régions les plus avancées comme la Californie, la Norvège ou les grandes villes chinoises. Un objectif atteignable mais qui suppose un « gros travail auprès de l’offre » comme le développement d’un marché du véhicule d’occasion et des produits à prix d’entrée, afin de concurrencer les voitures thermiques tournant à l’essence. Et pour sécuriser l’acheteur, il s’agit, selon Carlos Tavares, le patron de PSA de « relever trois défis : fabriquer des voitures accessibles financièrement, densifier l’infrastructure de charge et apaiser l’anxiété en matière d’autonomie. » Pour sécuriser définitivement financièrement les acheteurs potentiels de voitures électriques, il s’agit aussi de donner, courant 2019, une visibilité sur le montant du bonus écologique jusqu’en 2022. Enfin, accorder des avantages comme des parkings spécifiques et gratuits pour ceux possédant un véhicule électrique, paraît également nécessaire pour convaincre les indécis. La future loi d’orientation des mobilités, qui sera examinée au Parlement en mars, va faciliter la mise en place de ces mesures par les collectivités locales.

100 000 bornes de recharge en 2022

Le troisième volet de ce plan concerne le déploiement d’un réseau dense et adapté de bornes de charge. Le gouvernement a confirmé son objectif de 100 000 bornes en France d’ici 2022. Il faudra également localiser ces bornes facilement et mieux utiliser les 25 000 points de recharge actuels pour l’heure sous-utilisés en raison d’une implantation mal pensée. Des mesures seront également prises pour faciliter la recharge privée : pose de bornes systématiquement proposée dans les maisons individuelles, incitations financières et réglementaires pour l’installation de prises dans les copropriétés, possibilité de recharge gratuite en entreprise…

Développer la voiture autonome

Le président Macron souhaite enfin un fort déploiement, en 2021, de services de transports autonomes. Car, par rapport aux Etats-Unis, la France a pris du retard. Une mesure qui pourrait permettre dans les environnements urbains et périurbains de remplacer une partie des véhicules particuliers par des véhicules partagés et de baisser les coûts au kilomètre et de réduire la circulation.