L’offensive des constructeurs chinois en Europe

Les constructeurs chinois aimeraient bien se faire une place au soleil sur le Vieux Continent. Et certains signaux prouvent qu’une vraie offensive se fait jour en Europe.

chinois

Les Chinois sont présents dans de nombreux secteurs du marché mondial. Mais pas encore dans celui de l’automobile. Après s’être cassés les dents en Europe avec de nombreuses marques depuis 2009 (Qoros, Chery, Byd, Landwind…), les constructeurs chinois reviennent néanmoins encore plus férocement à la charge. Les constructeurs chinois fourbissent leurs armes et plusieurs officialisent leur arrivée en Europe. De nombreux signaux indiquent que 2020 pourrait bien être leur année.  

Constructeurs chinois : sortir de leurs frontières

Pendant quinze années, l’automobile a connu un essor foudroyant en Chine. Avec 25 millions de ventes annuelles, le pays du soleil couchant est tout simplement devenu le premier marché automobile mondial. De quoi faire vivre les nombreuses marques chinoises couvrant tous les segments possibles. Mais, en 2018, ce marché jusque-là florissant a montré ses premiers signes de faiblesse en clôturant l’année à -4.30%. En rapportant ce chiffre aux volumes annuels, cela revient à une baisse de plus d’1,1 million d’immatriculations. De quoi inciter bien évidemment les constructeurs chinois à lorgner au-delà de leurs frontières et à essayer de pénétrer le marché européen.

Les marques chinoises très présentes au salon de Francfort 2019

Autre signal qui pourrait faire penser à une invasion prochaine chinoise : plusieurs marques à consonance exotique se trouvaient en bonne place au dernier salon de Francfort. Aiways, Byton, HongQi, Wey… S’ils ne sont pas encore connus du grand public, ces quatre constructeurs chinois dont les stands étaient truffés d’autos électriques, étaient bel et bien présents. Difficile aujourd’hui de prévoir quelle marque chinoise percera en premier en Europe, mes les arguments ne manquent pas. Les produits annoncés, à l’instar de deux concepts signés Wey, semblent en tout cas plus convaincants que jamais.

Les voitures des constructeurs chinois déjà présentes

D’une certaine façon, les voitures chinoises sont déjà présentes sur nos routes. Volvo, par exemple, appartient au groupe chinois audacieux Geely qui avait déboursé 1.5 milliard de dollars pour racheter Volvo Cars. Le rapprochement a permis à Geely de monter en gamme, de gagner en niveau technique, et d’améliorer son image afin de muscler fortement ses ventes en Chine. Geely est ainsi devenu le septième constructeur chinois en 2018 (1,52 million de véhicules vendus) et contrôle environ 6 % du marché chinois des voitures individuelles, en troisième position derrière les marques associant General Motors et Volkswagen à leurs partenaires chinois.

Test Euro NCAp : un SUV Chinois décroche le score max

Il y a dix ans encore, les modèles chinois s’écrasaient lamentablement lors des tests Euro Ncap. Malgré des exigences aujourd’hui encore plus élevées, un SUV électrique tout droit venu de Chine a reçu la note maximale à ce test en 2019. Jusqu’à présent, aucune production chinoise n’avait égalé les autos européennes. Un SUV compact nommé MG ZS EV de la taille d’une Peugeot 3008 s’est vu attribué la note parfaite de cinq étoiles. Les progrès du Chinois SAIC se concrétisent ainsi sous la forme d’un test réussi haut la main. Selon Euro NCAP, les performances de ce SUV en termes de sécurité passive, ainsi que la longue liste de ses équipements électroniques, placent ce modèle chinois sur un pied d’égalité avec ses rivaux européens, japonais et coréens.

Des obstacles à franchir

Si les constructeurs automobiles chinois ont l’ambition de percer sur le Vieux Continent, ils devront encore faire face à plusieurs obstacles. Il faudra notamment que leurs modèles soient homologués, distribués et ensuite appréciés. Car les consommateurs ne s’attachent pas facilement à une « nouvelle »marque et ne lui font pas confiance naturellement. Parfaitement inconnus au départ, les constructeurs chinois savent à quoi s’attendre.

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