Les vieilles voitures font leur retour dans le parc automobile

Avec la crise sanitaire et économique, les vieilles voitures ont repris du service. Le parc automobile français attrape des cheveux blancs et frôle ainsi les 11 ans d’âge moyen. 

vieilles voitures garees

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Le parc automobile français a franchi le cap des 40 millions de véhicules. Guère réputé pour être de première jeunesse, ce même parc a récemment été gonflé, non par l’achat d’autos neuves ou de voitures d’occasion toutes fraîches, mais par de vieilles voitures sorties de dessous les housses. Avec la crise sanitaire et économique, en effet, de nombreux véhicules très anciens ont été remis en circulation. Résultat : l’âge moyen du parc automobile a encore pris un coup de vieux, passant de 10,6 à 10,8 ans en 2020 selon AAA-Data, l’expert de la donnée augmentée.  

Le Covid 19 engendre le retour des vieilles voitures

Entre 2019 et 2020, le parc automobile français a fait un bond : il est passé de 39,2 millions de véhicules recensés à 40,8 millions. Soit une hausse de 4% qui s’explique par le rejet des transports en commun qui exposent plus au virus que l’habitacle cocon d’une voiture. Mais ce ne sont pas des engins rutilants de première jeunesse qui ont repris du service. Les Français ont ressorti leurs vieilles voitures préalablement retapés pour faire face au défi sanitaire. Des autos sorties de la naphtaline qui auraient en moyenne 16 ans d’âge et qui a eu pour effet immédiat d’augmenter l’âge moyen du parc général, peu reluisant jusque-là avec ses 10,6 ans au 1er janvier 2020.

Une situation économique alarmante

Une petite visite chez le garagiste ou même une révision maison suffisent à remettre sur roues des anciennes autos. C’est ce qu’ont choisi de faire de nombreux français. Et s’ils n’ont pas acheté des véhicules neufs ou des voitures d’occasion pimpantes, cela reflète une certaine détresse économique des ménages : le pouvoir d’achat s’est fortement dégradé en France. Un décalage criant avec les objectifs gouvernementaux et écolo qui aimeraient verdir le parc automobile en incitant les Français à acheter des voitures électriques hors de prix. Pris à la gorge par leur budget amenuisé, les ménages n’ont d’autres choix que de se replier sur leurs vieilles autos largement amorties et dotées d’une sécurité de l’époque.   

La crise sanitaire n’est pas seule en cause

Pourtant, la crise du Covid n’est pas la seule cause du repli du marché de la voiture neuve et de l’occasion récente. Le vieillissement du parc, et la hausse des ventes des occasions de plus de dix ans est également liée à une crise du pouvoir d’achat tangible depuis plusieurs années.

24% du parc seulement peut rouler dans les ZFE, coup dur pour les vieilles voitures

Autre conséquence, les nouvelles zones à faibles émissions (ZFE) qui se multiplient sur tout le territoire, ne peuvent être respectées que par 24 % seulement du parc roulant classé entre O et 1. Les 43 % classés 3 ou plus devront contourner les centres villes ou rester cloués au garage lors des pics de pollution. La vignette Crit’Air favorise donc les ménages les plus aisés capables de s’offrir une auto récente et verte.  Entre les discours écolos de nos politiques et la réalité du terrain, le fossé se creuse.

Les villes pour les riches, la campagne pour les pauvres

Ce fossé risque de se creuser d’autant plus que les bassins d’emploi se situent plutôt dans ces grandes agglomérations qui devraient d’ici quelques mois mettre en place des ZFE, plutôt que dans les « territoires » puisque c’est ainsi que l’on désigne dorénavant les campagnes. Pour accéder à ces zones attractives pour l’emploi, il faudra donc disposer d’une auto récente. Et pour disposer d’une auto récente, il faut un bon emploi. Le serpent se mord la queue.