Pas de chance, les péages augmentent

Depuis, le 1er février, chacun a pu le constater : les péages d’autoroutes sont en hausse. Une augmentation moyenne de 1,8% qui peut, malgré tout être atténuée par quelques dispositifs de remises.

péages

C’est une tradition à chaque premier février : le tarif des péages s’envole. Et le calcul des nouveaux prix est le résultat d’une négociation avec l’Etat. La douloureuse 2019 fait mal : +1.8% de hausse, soit la plus forte augmentation depuis 2013, sachant que cette moyenne varie selon les réseaux et même les tronçons. Mais cette année, vu l’ampleur des mobilisations des Gilets Jaunes notamment aux barrières des péages, le gouvernement a réellement tenté de faire pression sur les sociétés d’autoroute pour qu’elles fassent pédale douce.

Péages d’autoroutes : une remise de 30% pour certains usagers

Après plusieurs réunions entre les sociétés d’autoroute et Élisabeth Borne, ministre des Transports, un accord a été trouvé. Il s’agit d’accorder un rabais de 30% aux clients réguliers sur les trajets domicile-travail. Conditions : au moins 10 allers-retours par mois, moyennant l’abonnement au badge télépéage de la société d’autoroute concernée. Précision qui a son importance : le trajet retenu doit faire partie du même réseau autoroutier. Certains automobilistes auront donc des mauvaises surprises s’ils ont un trajet où il y a un changement de réseau sans passer par une barrière de péage.

Le choix de ne pas geler les tarifs

Malheureusement, la traditionnelle hausse des prix du 1er février demeure. Le gouvernement a fait le choix de ne pas geler les tarifs car une compensation financière serait réclamée les années suivantes. C’est d’ailleurs exactement ce qui se passe en cette année 2019 : les tarifs flambent suite au gel des tarifs décidés par Ségolène Royal en 2015. Et si certaines sociétés d’autoroute font un effort, d’autres ont la main lourde, notamment Aliénor qui gère l’A65 entre Langon et Pau. C’était déjà l’une des autoroutes les plus chères de France et cette dernière augmente encore de 2,2 %.

Les sociétés d’autoroute qui gagnent le plus par kilomètre

Les affaires roulent pour les sociétés d’autoroute. Les neuf sociétés historiques et les huit récentes représentent un magot de 3.18 milliards d’euros, d’après la synthèse de leur compte 2017 réalisée par l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et autoroutières (Arafer). Rapporté aux 9119.3km des 17 réseaux payants, cela signifie que chaque kilomètre le montant de 350 000 euros en moyenne. Autre donnée : la marge bénéficiaire nette tourne autour de 27.5% pour les gros réseaux, le record étant de 49.1% chez Area. Autrement dit, sur 10 euros de péage, la moitié va dans la poche de la société d’autoroute.

ATMB : le bon élève

Seul le réseau Autoroutes et Tunnel du Mont Blanc a décidé de geler ses tarifs pour les voitures particulières et les deux roues. ATMB propose même une réduction de 5 € pour ceux qui font au moins deux trajets par mois en covoiturage. Et ce n’est pas le seul geste de cette société d’autoroute : pour les automobilistes au volant d’une auto électrique, la facture de péage est réduite de 80 %. Un geste fort pour encourager les automobilistes à changer de véhicules dans une région où se trouve la Vallée de l’Arve, très polluée par le flot de camions qui rejoint le tunnel du Mont Blanc. Reste que les tarifs pratiqués depuis des années par cette société d’autoroutes, sont loin d’être les moins élevés par rapport à ceux des autres sociétés. Même si les frais engendrés par des tronçons tracés en pleine montagne sont élevés.

L’exception française

Les tarifs autoroutiers français, s’ils sont élevés, sont compensés, en partie, par l’excellent niveau du réseau. Surtout si on le compare à celui qui parcourt l’Allemagne. Très anciens, les tronçons d’Outre-Rhin, dont certaines parties datent de la fin des années trente, sont souvent en mauvais état. Et la circulation sur ces autoroutes étant gratuites, les budgets pour les rénover viennent parfois à manquer. Une piètre manière de se consoler, malgré tout, des tarifs hexagonaux.