Les grands salons automobiles sont-ils au stade terminal ?

Celui de Pékin pourrait être annulé cette année, le salon de Francfort jette l’éponge et l’Allemagne cherche une autre ville pour l’héberger. Même Genève , qui ouvre dans quelques jours, voit se multiplier les absences. Les grands salons automobiles sont-ils obsolètes ?

salons automobiles

La nouvelle est tombée la semaine passée. Le salon de Pékin, actuellement la plus grande manifestation du genre au monde est reportée pour cause d’épidémie de Coronavirus. Évidemment, la cause de ce contretemps n’est absolument pas liée à la crise que connaissent les grands salons internationaux et il devrait se tenir dans la capitale chinoise dès que les risques de contamination seront éloignés. Mais ce report constitue un énième malaise dans une situation déjà plus que tendue. Parce que les ventes d’automobiles chinoises ont baissé de 9,6% l’an passé et parce qu’au seul mois de janvier de cette année, elles ont chuté de pas moins de 92% pour cause d’épidémie. Autant dire que la tenue du plus grand salon d’Asie est plus qu’espérée par les constructeurs du monde entier (la Chine est leur plus grand marché) et que son report sème pour le moins un trouble.

L’Europe profondément chamboulée

Ce trouble est également plus que perceptible en Europe, mais pour des raisons diamétralement opposées. Car notre bon vieux continent est le marché le plus compliqué à appréhender pour une marque. Entre des normes environnementales parmi les plus draconiennes au monde et des exigences particulières de la clientèle en matière de qualité, d’efficience et de tenue de route, les constructeurs se demandent de plus en plus souvent si le jeu en vaut la chandelle. Et surtout, s’il est indispensable d’investir des millions d’euros dans les stands des grands salons automobiles européens. Nombre d’entre eux déclarent de plus en plus souvent forfait lors de ces rendez-vous. Résultat : la fréquentation de ces manifestations baisse. Et plus elle baisse, moins les constructeurs s’y intéressent, entamant ainsi un cycle infernal.

Francfort ferme ses portes

C’est le cas du salon biennal de Francfort, qui se déroule en alternance avec celui de Paris. L’an passé, la fréquentation avait baissé de 31% et les constructeurs absents se sont multipliés. Résultat : la Frankurter Messe jette l’éponge après 70 ans de bons et loyaux services. Il n’y aura pas d’édition 2021 (cette année, à l’automne, c’est au tour de Paris). Ce qui ne signifie pas pour autant que l’Allemagne abandonne l’idée d’organiser un grand salon de l’auto. La VDA, le syndicat des constructeurs germaniques a lancé un appel d’offres pour transférer la manifestation. Trois villes sont aujourd’hui en lice pour l’accueillir : Hambourg, Berlin et Munich. Cette dernière tiendrait la corde, en raison de son accessibilité et de la présence sur les lieux d’un adhérent de la VDA : BMW.

Paris se transforme

Coup de sifflet final pour Francfort, mais pas pour son homologue parisien. Sauf que pour survivre, la manifestation française a été forcée de s’adapter et de se réinventer. Il est même rebaptisé Paris Motion Festival. Heureusement, pour ceux qui le confondraient avec un salon du cinéma, l’expression Mondial de l’auto, plus connue, continuera à être utilisée en sous-titre. Le nouveau concept repose sur une surface d’exposition plus resserrée, pour palier à l’absence de nombre de marques, et des animations en nombre plus important. Le pari de Paris sera-t-il réussi ? Réponse le 11 octobre, lors de la clôture du premier Paris Motion festival.

Genève vacille

Dans cette bérézina des salons européens, il en est pourtant un qui, jusqu’ici, échappait au marasme. La situation idéale et neutre (la Suisse ne dispose pas de constructeurs nationaux) et sa périodicité (tous les ans au printemps), faisait de Genève le salon le plus prisé du continent. Hélas, il est lui aussi touché par la désaffection des marques. Peugeot, Citroën, Opel, Jaguar, Land Rover et d’autres ont déclaré forfait. Un phénomène qui est déjà apparu l’an passé et qui a valu à la manifestation suisse un changement de direction. Et si le plus emblématique et le moins controversé des salons automobiles européen est touché, c’est que le concept de l’exposition de nouveautés lui-même qui est mis à mal. Quel sera l’avenir des lancements de nouveaux modèles de chaque marque ? Nul ne le sait, mais une chose est sûre : ils ne devraient plus en passer par des halls aux stands démesurément grands où se côtoient tous les constructeurs de la planète auto.

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